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Après Bygmalion et Bismuth : les autres affaires (Lybie, Russie, Qatar) dans lesquelles Sarkozy reste impliqué

Par Thomas Rannou

ECLAIRAGE SUD RADIO - Nicolas Sarkozy a été définitivement condamné à un an de prison dont six mois ferme pour l'affaire Bygmalion. Mais quid des autres dans lesquels l'ancien chef de l'Etat est impliqué. Etat des lieux.

L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy
L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy (JULIEN DE ROSA - AFP/Archives)

Les polémiques entourant sa vingtaine de jours passés en détention préventive à la prison de la Santé à Paris dans le cadre du dossier du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007 feraient presque oublier que l’ancien chef de l’État reste englué dans de nombreuses autres affaires politico-financières. À commencer par l'affaire Bygmalion (voir ci-desous), dont la Cour de cassation a rendu cet après-midi sa décision sur son pourvoi.

Si certaines des affaires concernant l'ancien chef de l'Etat ont d'ores et déjà débouchées sur des non-lieux et que l'affaire Bismuth a, elle, donné lieu à une condamnation définitive après rejet en cassation le 18 décembre 2024 (1 an sous bracelet électronique), plusieurs autres sont toujours en cours. Tour d'horizon et état des lieux :

- L'affaire Bygmalion : six mois de prison ferme aménageables sous bracelet électronique

La justice a confirmé mercredi la condamnation de l'ex-chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy dans l'affaire du financement de sa campagne présidentielle de 2012, deuxième condamnation pénale définitive au casier judiciaire de l'ancien président. L’enquête avait mis au jour une campagne explosive à 43 millions d’euros, soit presque le double du plafond légal, camouflée grâce à un système de double facturation imputé à l’UMP.

Nicolas Sarkozy avait été condamné le 14 février 2024 à un an d'emprisonnement dont six mois ferme pour le financement illégal de sa campagne présidentielle perdue de 2012. La cour avait ordonné l'aménagement pour la partie ferme (bracelet électronique, semi-liberté).

L'ancien champion de la droite française se prépare pour le procès en appel du dossier libyen prévu du 16 mars au 3 juin, affaire dans laquelle il a été condamné en première instance à cinq ans de prison et incarcéré 20 jours.

Les affaires qui doivent encore être jugées :

- L'affaire lybienne : risque toujours 5 ans de prison ferme

Déjà condamné à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs (décision pour laquelle il a fait appel après avoir purgé 21 jours de détention à la prison de la Santé et dont le procès en appel aura lieu au printemps 2026), Nicolas Sarkozy reste également sous la menace d’un second procès dans un autre volet du dossier. Cette fois, il s’agit de l’affaire de la fausse rétractation de Ziad Takieddine : un épisode où le clan Sarkozy est soupçonné d’avoir tenté de manipuler la justice en orchestrant un faux témoignage.

Ziad Takieddine, intermédiaire clé dans les relations entre Nicolas Sarkozy et le régime Kadhafi, est décédé le 23 septembre, deux jours avant le délibéré du procès lié aux financements libyens.

C’est l’affaire dans l’affaire, et elle est loin d’être secondaire. L’opération, surnommée par ses instigateurs "Sauver Sarko", a émergé à l’automne 2020, au lendemain de la mise en examen de l’ancien chef de l’État pour association de malfaiteurs dans l’enquête sur les financements libyens.

- L'affaire russe : consultant légal ou trafic d'influence ?

À l’été 2020, le Parquet national financier a lancé une enquête pour trafic d’influence autour d’un lucratif contrat de conseil signé un an plus tôt entre Nicolas Sarkozy et l’assureur russe Reso Garantia, détenu par les frères Sergey et Nikolaï Sarkisov.

L’accord, d’un montant total de 3 millions d’euros, prévoyait que l’ex-président devienne “conseiller spécial” et préside un comité stratégique… sans que son recrutement soit rendu public. Début 2020, Sarkozy avait déjà touché 500 000 euros au titre de ce contrat. Selon Mediapart, l’enjeu pour les enquêteurs est de déterminer si Nicolas Sarkozy s’est limité à un rôle de consultant légal ou s’il a mené des actions de lobbying susceptibles de tomber sous le coup de la loi au profit d’oligarques russes.

- L'affaire Qatari : trafic d'influence et corruption d'argent public étranger ?

Depuis 2019, le PNF s’intéresse aussi au rôle de Nicolas Sarkozy dans l’attribution du Mondial 2022 au Qatar. L’ancien président apparaît dans le volet parisien du “Qatargate”, notamment en raison d’un déjeuner organisé en 2010 avec des dirigeants qataris et Michel Platini. Quelques jours après cette rencontre, l’ex-patron de l’UEFA votait pour le Qatar. En avril 2023, l’association Anticor a porté plainte contre Sarkozy pour trafic d’influence et corruption d’argent public étranger.

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