Marcos Aoás Corrêa, dit Marquinhos, pourrait-il être le premier capitaine brésilien à soulever la Coupe du monde depuis Cafu en 2002, après 24 ans sans titre pour la nation reine du football ? Une éternité pour une équipe en difficulté depuis plusieurs éditions. Et à 32 ans, après 108 sélections, cette édition américaine pourrait bien être sa dernière chance de soulever le plus précieux des trophées, sous les ordres de Carlo Ancelotti, lui qui n’a pas eu un parcours rempli de succès avec son pays.
Des débuts à retardement
Son histoire internationale débute dès 2013 face au Honduras, à 19 ans, après seulement une saison à la Roma. Avant de rejoindre le PSG pour 31 millions d’euros. L'année suivante, Marqui vit sa première lors la Coupe du monde 2014, à domicile, quand Scolari décide de se passer de lui.
Un an plus tard, il dispute enfin sa première compétition internationale lors de la Copa America, où les Brésiliens échouent en quart de finale contre le Paraguay, sans qu’il dispute la moindre minute de jeu, devancé en défense par Thiago Silva, David Luiz et Miranda.
Jeux Olympiques et Copa America
Malgré tout, il joue un rôle prépondérant avec Neymar pour emmener son pays au sommet des Jeux Olympiques en 2016, à Rio, en inscrivant un but en demi-finale contre le Honduras. Un succès qui lui permet de prendre du galon en équipe première par la suite, au point de porter le brassard dès 2017, en l'absence de Thiago Silva. Il devient alors le plus jeune joueur brésilien à être désigné capitaine, à 23 ans.
Deux ans plus tard, il remporte son seul titre international chez les A lors de la Copa América 2019 contre le Pérou. Un nouveau succès à domicile qui fait figure d'apogée en sélection, avant que les désillusions ne s'enchaînent.
2018, 2021, 2022 : trois cauchemars
Lors du Mondial 2018, les Brésiliens s'inclinent en quarts de finale contre la Belgique malgré leur domination dans le jeu (25 tirs à 8 et 57% de possession). En 2021, le Brésil échoue à conserver son titre en Copa America contre l’Argentine de Lionel Messi en finale. L’année suivante, lors de la Coupe du monde au Qatar, le scénario est encore plus douloureux. Après une prolongation où Neymar croit délivrer les siens, les Croates égalisent en fin de match sur contre-attaque. Arrive alors de la séance de tirs au but où le capitaine Marquinhos lui-même envoie le dernier penalty sur le poteau, scellant l'élimination de son équipe.
Le PSG : du désert à l’abondance
Difficile d'évoquer les échecs de Marquinhos sans parler du PSG avec qui il a vécu la Remontada et des éliminations douloureuses à la pelle en Ligue des champions pendant plus d’une décennie. Capitaine du club francilien depuis le départ de Thiago Silva en 2020, il devient quatre ans plus tard le joueur le plus capé du club, et également l’un des plus apprécié du public du Parc des Princes, malgré les déceptions. Mais depuis 2024 et l’arrivée de Luis Enrique la donne a changé en Ligue des champions avec deux consécrations successives, brassard de capitaine au bras. L’ancien de la Roma est passé de loser à symbole des plus beaux succès parisiens.
2026 : la dernière chance pour la sixième étoile ?
Accoutumé aux échecs, en club ou en sélection, Marquinhos, désormais sixième joueur le plus capé du pays, arrive maintenant avec un statut de double champion d’Europe avec le PSG. Et sa troisième Coupe du monde, avec trois sélectionneurs différents, a démarré de la meilleure des manières pour le défenseur et les siens avec une première place de groupe devant le Maroc et un seul but concédé.
Toujours invaincus, les Brésiliens affrontent ce lundi le Japon dans ce qui pourrait être un match piège avant de défier la Côte d’Ivoire ou la Norvège d’Erling Haaland en huitièmes, l’Angleterre en quarts de finale et l’Argentine de Messi en demie avant, peut-être, leur première finale de Coupe du monde depuis le sacre de 2002.