Pourquoi les ophtalmologistes sont en grève

Les ophtalmologistes sont en grève à compter du 22 octobre. Ludovic Le, président de l’ANJO, Association Nationale des Jeunes Ophtalmologistes, était l’invité de Patrick Roger le 22 dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h10. 

lunettes
Les lunettes et lentilles pourraient être prescrites pour la première fois par des orthoptistes. (c) AFP

Les ophtalmologistes sont en grève à compter du 22 octobre, fait assez rare. La profession serait touchée par une pénurie : il faudrait plusieurs mois parfois pour avoir un rendez-vous. C’est pourquoi le gouvernement veut ouvrir la prescription de lunettes et de lentilles à des orthoptistes, moins formés que les ophtalmologistes.

Ophtalmo en grève : "Une vraie phase de dépistage lors de la prescription de lunettes"

"L’article 40 du projet de loi de la Sécurité Sociale 2022 propose que les lunettes et lentilles soient renouvelées et prescrites dès la première fois par des orthoptistes, qui ont seulement trois ans de formation, explique Ludovic Le, président de l’ANJO, Association Nationale des Jeunes Ophtalmologistes. Il est possible que les patients ne voient plus jamais d’ophtalmologistes de toute leur vie."

"Une vraie phase de dépistage a lieu lors de la prescription de lunettes, rappelle-t-il. Si l’on sépare le dépistage et la prestation, il risque d’y avoir des retards thérapeutiques majeurs : glaucomes, cancers de l’œil… Les orthoptistes n’ont-ils pas de formation médicale en tant que telle ? "Ils vont faire de la kiné des yeux et des examens complémentaires. Ils n’ont pas de formation médicale, ils appuient sur les boutons pour faire l’examen, et c’est l’ophtalmologiste qui analyse l’examen."

Ophtalmo en grève : des aides pour s'installer dans les déserts médicaux

Il faut douze ans pour former un ophtalmologiste, contre trois pour un orthoptiste. Quid de cette question des délais de prise de rendez-vous ? "C’est extrêmement ancré dans la tête des Français, mais ce n’est plus du tout le cas, conteste le président de l’ANJO. En 2016, le délai était de 80 jours ; en 2018, il était entre 14 et 26 jours, selon les dernières études en 2018. Dans les grandes métropoles, c’est en moins de six jours. Nous ne sommes donc plus en pénurie ? "Olivier Véran a dit lundi devant la commission des affaires sociales qu’il y avait six mois d’attente dans les rendez-vous. C’’était vrai il y a dix ans peut-être. Si vous regardez sur Doctolib, dans n’importe quelle grande ville, on est sous quelques jours. Cette idée était vraie il y a quelques années."

"La seconde justification du ministre, ce sont les déserts médicaux, rappelle Ludovic Le. C’est vrai, mais cette loi n’apporte en rien une solution à cela, Il n’y a aucune justification pour que les orthoptistes aillent dans ces déserts médicaux. Actuellement, il y a une grande montée des jeunes, qui veulent s’installer dans de telles zones. Ils veulent avoir le même type d’aide que les généralistes pour s’y installer. Les orthophonistes demandent que le gouvernement retire cet article 40. Actuellement, les ophtalmologistes ont un rôle majeur, une activité complémentaire de la nôtre. Pour dire qu’un patient a une vue normale, il faut connaître ces maladies. Or, les orthoptistes ne les connaissent pas."

Cliquez ici pour écouter "C'est à la une" avec Patrick Roger

Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !