La guerre en Iran entre dans son troisième jour. Le guide suprême Ali Khamenei, au pouvoir depuis 1989, a été tué suite à une trentaine de bombardements américains. Téhéran a décrété une période de deuil de 40 jours, ainsi que 7 jours fériés. Une partie du peuple iranien - Iraniennes en tête - a célébré l'événement. Comment vit-on une telle situation sur place ? Azadeh Thiriez-Arjangi, chercheuse franco-iranienne à l’EHESS (École des hautes études en sciences sociales), témoigne au micro de Sud Radio.
"Il est demandé aux Iraniens de rester chez eux pour ne pas mettre de vies en danger"
En Iran, les réseaux Internet sont globalement coupés. Mais grâce au réseau Starlink d’Elon Musk, certains habitants peuvent néanmoins communiquer avec le reste du monde. "On critique toujours Elon Musk, mais dans une période aussi critique, cela reste leur seul moyen de communication. Il participe à la libération de l’Iran, explique Azadeh Thiriez-Arjangi, chercheuse franco-iranienne à l’EHESS - École des hautes études en sciences sociales, au micro de Patrick Roger sur l'antenne de Sud Radio. Il faut écouter les consignes du prince Reza Pahlavi (le fils du chah d'Iran) : il est demandé aux Iraniens de rester chez eux pour ne pas mettre de vies en danger."
"Il existe des gens vulnérables, dépendants, qui ont besoin de ce régime"
"Le guide suprême du régime a été tué. Le régime a annoncé sept jours fériés et 40 jours de deuil. Il reste une forme très affaiblie et fragile de vie politique." Que représente encore ce pouvoir et est-il soutenu par la population ? "Par une petite partie, ceux qui en bénéficient. Ils peuvent aussi changer de camp du jour au lendemain. Il existe des gens vulnérables, dépendants, qui ont besoin de ce régime, mais c’est très peu de personnes."
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"Les Iraniens combattent l’islam politique à mains nues"
"La grande majorité de la population iranienne est et demeure opposée à la dictature islamiste. Je pense que les Iraniens ont fait tout ce qu’ils pouvaient, donné tout ce qu’ils pouvaient donner, résume Azadeh Thiriez-Arjangi, chercheuse franco-iranienne à l’EHESS sur l'antenne de Sud Radio. Ils ont fait le maximum, comment faire plus sans rien ? On a répondu favorablement à l’appel des Iraniens, cette aide est arrivée. Les Français et les Européens devraient s’en réjouir. Les Iraniens combattent l’islam politique à mains nues. Nous en aurons les conséquence en Iran. Depuis 1979, cela a changé le visage du monde."
"La France a un rôle à jouer"
"Les Iraniens sont en train de montrer le chemin, que l’on peut douter de la religion, être adulte et autonome. C’est une leçon que les Iraniens sont en train de donner au monde entier. C’est très bien de critiquer, mais que propose Monsieur Mélenchon ? On voit cette rhétorique triste et creuse." Cette guerre risque-t-elle de durer ? "C’est très difficile à dire. Cela ne dépendra pas que de Trump et de l’Iran. Pourquoi la France, l’Europe ne joue-t-elle pas leur rôle ? Elles ont toute leur place, il faut penser au lendemain. L’Iran est un grand pays, profondément attaché culturellement à la France. Demain arrive très vite, et la France a un rôle à jouer."
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