C'est une nouvelle victime collatérale de la guerre au Moyen-Orient et du blocage du détroit d'Ormuz. Demain jeudi 21 mai, les dépanneurs ont décidé de se rassembler à Paris pour se faire entendre. Ils alertent sur la hausse des coûts d’exploitation, notamment du carburant, la pénurie de main-d’œuvre et l’absence d’aides publiques… Franck Basilio, président du bureau national de la branche dépannage-remorquage fourrière de Mobilians, s’est livré sur la condition des travailleurs au micro de Sud Radio.
"Nous sommes complètement oubliés !"
Pourquoi les dépanneurs ont-ils décidé de se mobiliser ce 21 mai ?
« Mobilians, à l’écoute des dépanneurs et des adhérents, a décidé d’organiser un mouvement pour informer le gouvernement du mal-être des dépanneurs, car nous n’avons reçu absolument aucune aide. »
Qu’est-ce qui provoque aujourd’hui le plus de colère chez les dépanneurs ? Quelles sont leurs principales difficultés ?
« Les difficultés des dépanneurs, c’est que depuis plusieurs années, les charges d’exploitation ont explosé, notamment à cause du matériel et de la pénurie de main-d’œuvre. On a donc des coûts de fonctionnement de plus en plus importants. Jusqu’à présent, on a réussi à s’adapter. Mais aujourd’hui, il y a le phénomène du carburant, et surtout le fait que le gouvernement prenne des mesures pour accompagner certaines professions, alors que nous, nous sommes complètement oubliés. C’est la goutte de trop ! »
“On ne demande pas forcément des aides à l’État...”
Qu’attendez-vous précisément de ce mouvement de grève ?
« Le message principal, c’est un ras-le-bol. Si vous voulez, on demande une indexation de nos tarifs sur l’évolution du carburant, comme cela existe pour les transporteurs. (…) Dans notre activité, beaucoup de tarifs sont réglementés : les autoroutes, les fourrières, ce ne sont pas des tarifs libres. Donc ce que nous souhaitons, c’est que notre profession bénéficie aussi de cette indexation liée au carburant. C’est le premier point. Le deuxième point, c’est une clarification sur la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques). C’est assez technique, mais en réalité, les transporteurs bénéficient d’un abattement sur le prix du carburant, et nous voudrions que notre profession en bénéficie également. Et puis enfin, une reconnaissance du métier au sens large ! (…) On ne demande pas forcément des aides à l’État. (…) »
“Il y a un vrai ras-le-bol dans la profession »
Comment va se dérouler la mobilisation du 21 mai à Paris ? Combien de personnes sont attendues ?
« (…) Pour les autorisations, il nous a été demandé de ne pas dépasser 150 véhicules. Donc aujourd’hui, on parle plutôt en nombre d’adhérents qu’en nombre de véhicules. On ne sait pas exactement combien nous serons, mais je pense que nous serons nombreux. (…) »
Votre métier fonctionne 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Est-ce compliqué d’organiser une grève dans ces conditions ?
« Aujourd’hui, vous savez, si des gens viennent de toute la France, c’est qu’on touche vraiment un point critique. La profession se mobilise partout en France. On a des personnes qui viennent du Sud jusqu’en Bretagne. Donc si les gens prennent le temps de venir (…) c’est qu’il y a un vrai ras-le-bol dans la profession. »