L'an passé, 900 000 sangliers ont été abattus à travers l'Hexagone. Faut-il s’inquiéter du danger qu’ils représentent ? Et pourquoi les chiffres explosent ? Explmications.
Deux fois plus de sangliers en vingt ans
Champs piétinés, poubelles éventrées voire accidents de la route… Les sangliers débarquent même dans les écoles voire les crèches, comme à Marseille. Des battues ont dû être organisées à Aix-en-Provence et Marseille. Des sangliers en ville, c'est du jamais-vu, estiment les chasseurs.
La Fédération des chasseurs recense 900 000 sangliers « prélevés », c’est-à-dire abattus l’an passé. Un chiffre qui interroge car il a littéralement doublé en l’espace de vingt ans. Les indemnisations pour les dégâts aux cultures payées par les chasseurs eux-mêmes représentent quant à elles 90 millions d’euros en quatre ans. Parallèlement, on observe également une baisse de 30% du nombre de chasseurs en presque 30 ans.
La menace de la fièvre porcine
"Les sangliers sont partout en France maintenant, de la mer à la montagne", confirme Matthieu Salvaudon, directeur du service dégâts au sein de la FNC (Fédération nationale des chasseurs). "C’est une espèce qui s’adapte énormément, qui peut fréquenter différents types de milieux et c’est pour cela que l’on en voit de plus en plus ces dernières années." Cette prolifération est d’autant plus inquiétante qu’elle est cernée par la fièvre porcine africaine. Une maladie qui peut se transmettre aux sangliers, mais aussi des sangliers aux porcs d’élevage, les deux espèces étant très proches. De quoi inquiéter la filière porcine ?
Cette fièvre porcine touche l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne. Des sangliers morts ont été retrouvés notamment en Catalogne, aux portes de l’Occitanie. Une prime de 30 à 55 euros a été mise en place par sanglier tué pour les chasseurs. Cette épizootie suppose la mise en place de mesures de sécurité et de gestes barrière.
Plusieurs facteurs combinés
La prolifération des sangliers en France est due à une combinaison de facteurs écologiques, agricoles et humains : leur grande capacité d’adaptation, l’évolution des pratiques agricoles, et certaines décisions liées à la chasse ont favorisé leur explosion démographique :
- Reproduction très efficace : une laie peut avoir 2 portées par an, avec 4 à 10 marcassins. La population peut donc croître très rapidement.
- Adaptabilité exceptionnelle : le sanglier s’accommode de nombreux milieux (forêts, zones agricoles, périurbaines) et d’une alimentation variée (racines, fruits, déchets, cultures).
- Pratiques agricoles modernes : la culture du maïs et d’autres céréales fournit une nourriture abondante et accessible, favorisant leur survie et leur reproduction.
- Hivers plus doux : le changement climatique réduit la mortalité hivernale et augmente la survie des jeunes.
- Gestion cynégétique : dans les années 1970-1980, des croisements avec des sangliers d’Europe de l’Est plus prolifiques ont été introduits pour “enrichir” la chasse. Cela a contribué à l’explosion démographique.
- Moins de chasseurs : la baisse du nombre de chasseurs (–30 % en vingt ans) réduit la régulation naturelle
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