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Le "Maogate" ou comment l'affaire Mbappé avec la Chine enflamme les réseaux sociaux et le monde entier

ECLAIRAGE SUD RADIO - En quelques jours, le « Maogate » a pris une ampleur inattendue. La polémique ne s’essouffle pas et l’onde de choc est internationale. En Chine, l’affaire impliquant Kylian Mbappé cumule des centaines de millions de vues sur les réseaux sociaux. D’une séquence humoristique à un débat médiatique et politique, cette controverse a largement dépassé le cadre du football.

Kylian Mbappé sur une publicité en Chine, au milieu de passants.
Jade GAO - AFP

De Zidane et son coup de boule à l'affaire Knysna, le football français a connu des polémiques au retentissement international. Pourtant, le « Maogate », dans lequel Kylian Mbappé s'est retrouvé impliqué, montre à quel point, à l'heure des réseaux sociaux, une séquence peut rapidement prendre une dimension planétaire.

D'une séquence humoristique à une polémique internationale

Tout est parti d'une vidéo dans laquelle Kylian Mbappé réagit à un mème le représentant sous les traits de Mao Zedong, ancien dirigeant chinois. Une référence humoristique qui a fini par prendre une tout autre dimension lorsque les images ont circulé et suscité de nombreuses réactions, notamment en Chine.

Très rapidement, les commentaires ont dépassé le cadre de la plaisanterie. Les critiques se sont multipliées et l'affaire a pris une dimension internationale. Le 27 octobre, plusieurs entreprises chinoises ont annoncé la fin de leurs partenariats avec le joueur, dont Dongpeng et Mengniu. Ce qui pouvait sembler n'être qu'une séquence parmi d'autres sur les réseaux sociaux s'est transformée en un sujet de débat médiatique et politique à l'échelle de la planète.

Les réseaux sociaux, amplificateurs de la polémique

Le « Maogate » montre à quel point les réseaux sociaux peuvent accélérer la propagation d'une controverse. Une vidéo, un extrait ou un mème peut être repris, commenté et partagé bien au-delà de son public initial, jusqu'à devenir un sujet d'actualité à part entière.

En Chine, la polémique a rapidement pris de l'ampleur. Le sujet consacré à la rupture du partenariat entre Mbappé et la marque Dongpeng a atteint environ 430 millions de vues sur Weibo, selon plusieurs médias. Le chiffre correspond à la consultation d'un sujet précis sur la plateforme, et non à un décompte de personnes distinctes.

600 millions de vues en Chine !

Le 28 octobre, The Guardian rapportait que le mot-clé consacré aux excuses du joueur avait dépassé les 600 millions de vues sur le réseau social chinois. Ces chiffres témoignent de l'ampleur de la circulation de la polémique en ligne, même s'ils ne permettent pas, à eux seuls, de mesurer le nombre de personnes ayant réellement suivi l'affaire ni leur adhésion aux critiques.

Les précédents, avec le coup de tête de Zinédine Zidane en finale de la Coupe du monde 2006, et l'affaire Knysna en 2010, avaient déjà placé le football français au cœur de controverses largement commentées. Le « Maogate » se distingue toutefois par ses conséquences commerciales en Chine et par l'ampleur des chiffres de consultation relayés par les médias. Il est difficile d'affirmer qu'il s'agit de la polémique impliquant un sportif français ayant fait le plus de bruit dans le monde, faute de critères de comparaison communs avec les précédents.

Et quand les politiques s'en mêlent...

Si, en Chine, la polémique a dépassé le cadre sportif, les responsables politiques français n'ont pas non plus tardé à s'en mêler. L'affaire est ainsi entrée dans le débat politique français, déplaçant progressivement les discussions vers la liberté d'expression, les limites de l'humour et la perception du régime chinois en Occident.

Antoine Léaument, député de La France insoumise, a évoqué la possibilité que cette polémique permette de porter un regard sur la Chine, tout en refusant de répondre directement à la question de savoir si Mao était un dictateur.

La polémique change ainsi de terrain. D'une affaire concernant un footballeur et une référence historique, elle devient un débat sur les limites de l'humour, les rapports avec la Chine et la responsabilité des personnalités publiques.

Le « Maogate », déjà un cas d'école

Le retentissement du "Mao-gate" illustre aussi la place prise par les sportifs dans l'espace médiatique. À l'heure où il leur est régulièrement reproché de ne pas prendre position, une séquence impliquant l'attaquant du Real Madrid a entraîné une cascade de réactions, des appels au boycott et la rupture de plusieurs partenariats commerciaux.

Au-delà du cas Mbappé, cette affaire pose la question du contrôle de la communication à l'ère numérique. Une personnalité peut maîtriser le cadre dans lequel elle s'exprime, mais beaucoup moins la manière dont ses propos seront découpés, diffusés et interprétés.

Une viralité contagieuse

La viralité repose précisément sur cette circulation imprévisible. Les images originales ne sont qu'une partie de l'histoire : les commentaires, les indignations et les réactions politiques contribuent à construire le sens donné à l'événement.

Dans un environnement où chaque réaction peut relancer l'attention médiatique, comment une personnalité publique peut-elle reprendre la maîtrise de sa communication une fois que la polémique est devenue virale ? That is the question...

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