"Je ne partirai pas sans mon vaccin"

La campagne de vaccination du quartier du Bacalan, à Bordeaux, a été émaillée d'un couac de communication et d'organisation. Reportage de Christine Bouillot.

La file d’attente est longue devant le centre de vaccination du quartier du Bacalan, à Bordeaux, frappé par un cluster et un nouveau variant. (Photo by Philippe LOPEZ / AFP)

Dans le quartier du Bacalan, à Bordeaux, une campagne de vaccination d’urgence est lancée pour faire face à un nouveau variant. 19.000 doses de vaccin ont été envoyées sur place. Reportage de Christine Bouillot.

Au centre de vaccination éphémère du quartier du Bacalan, toutefois, quelques couacs ont été signalés au lancement de cette campagne de vaccination exceptionnelle, faute d’information suffisante des habitants.

 

 

"J’ai fait l’effort d’essayer de prendre rendez-vous, mais ils sont injoignables"

Avant même l’ouverture, près de 200 personnes étaient déjà présentes pour se faire vacciner. "On n’a pas pris notre après-midi pour rien. On veut se faire vacciner, on est là pour ça. Moi, je ne partirai pas sans mon vaccin." Or, il fallait avoir un rendez-vous, ce que Fabienne, 53 ans, ne savait pas.
Les tensions montent, la déception est grande chez les personnes venues attendre. "Surtout que c’était bien marqué sans rendez-vous ? En plus, j’ai fait l’effort d’essayer de prendre rendez-vous, mais ils sont injoignables", explique un habitant.
"Pour moi, prendre rendez-vous, ça va être compliqué, je ne sais pas me servir de Doctolib", raconte une autre résidente du quartier du Bacalan.

 

"Je vais dans une des pharmacies autour prendre un rendez-vous"

L’erreur viendrait de la communication de l’Agence régionale de santé (ARS) sur le libre-accès du centre de vaccination. Pour avoir un rendez-vous, obligatoire, il fallait contacter la mairie de Bordeaux… mais la plateforme mise en place est injoignable. "On est sur liste d’attente depuis maintenant six minutes 45", déclare Maxime, 22 ans, pendant qu’il appelle.
Sanna, 28 ans, dépitée, abandonne le combat : "je vais dans une des pharmacies autour prendre un rendez-vous si c’est possible."

 

"J’ai appelé une centaine de fois, sans mentir"

Parmi les 60 personnes vaccinées le 26 mai 2021, Martine : "c’est vrai que j’ai eu la chance, ce matin, de pouvoir accéder au numéro de téléphone, avec de la persévérance". Ce fut compliqué : elle aura dû appeler "une centaine de fois, sans mentir".

 

 

Le dispositif devrait être amélioré pour atteindre l’objectif fixé : 80% des habitants du Bacalan vaccinés en trois semaines.