La Suisse et les pays voisins dont la France restent sous le choc après l'incendie meurtrier survenu dans le bar de "La Constellation", à la station de Crans-Montana, dans les Alpes suisses, lors de la soirée du Nouvel An. Un drame qui a causé la mort de 40 personnes et 119 blessés (bilan en cours).
Une soirée cauchemar qui, pour certains, aurait pu être évitée. En effet, de nombreux témoignages d'anciens ou fidèles clients de l'établissement suisse font été de nombreuses failles, dysfonctionnements ou manquements liés aux normes de sécurité. Tout d’abord, le bar, tenu par un couple composé d’un homme corse et de sa femme originaire de la Côte d’Azur, est aujourd’hui critiqué, notamment pour l'utilisation au plafond d'une mousse hautement inflammable.
Une mousse inflammable au plafond
À l’heure actuelle et grâce aux nombreuses vidéos et photos prises par les personnes à l’intérieur du bar lors du départ de l’incendie, tout porte à croire que le feu a bien débuté par le plafond qui était entièrement tapissé de cette mousse en polyuréthane phono-absorbante, classée M4, c’est-à-dire facilement inflammable et la moins performante. En cas d’incendie, ce matériau peut dégager une fumée dense et des gaz toxiques, mais surtout favoriser la rapide propagation du feu.
"Open bar" pour les mineurs
Autre élément, la forte présence de jeunes dans l’établissement. D’après de nombreux témoignages, on sait déjà que des mineurs âgés de 16 ans se trouvaient dans le bar au moment de l’incident et qu’il n’était pas inhabituel de voir des adolescents de 13 ou 14 ans le fréquenter le reste de l’année. Sur la question des mineurs, le conseiller d’État (ministre régional) du Valais en charge de la sécurité, Stéphane Ganzer, s’est exprimé : "Vous pouvez imaginer qu’une nuit de la Saint-Sylvestre, en station, la population est sans doute assez jeune. De là à parler de mineurs, je ne m’avancerai pas, mais effectivement, il s’agit d’une population festive, donc jeune."
Une "souricière" en guise de sous-sol
Autre problème : de nombreux commentaires sur différents sites comme Google Maps, TripAdvisor, etc., font état de conditions laissant à désirer. Plusieurs avis soulignent un sentiment de "souricière", ajoutant que le sous-sol devenait "étouffant" et "dangereux" dès qu’il y avait du monde, car l’unique escalier était souvent encombré.
🔴 INFO - #Suisse : Tragédie de Crans-Montana : Une nouvelle vidéo met en cause la gestion du drame au bar #LeConstellation. On y voit le feu se propager pendant de longues minutes, la musique continuer, des jeunes danser et filmer, sans évacuation ni extincteur utilisé. Tout… pic.twitter.com/oUfRwVUKBs
— FranceNews24 (@FranceNews24) January 2, 2026
Des fontaines lumineuses sûrement à l'origine
L’usage de fontaines lumineuses pour décupler l'ambiance festive est également pointé du doigt, notamment en raison de la présence de photos et de vidéos montrant ce soir-là des serveuses arrivant avec des bouteilles équipées de ces "cierges magiques" ou "petits fumigènes", mais bien trop près du plafond du sous-sol, ce qui semble être bien à l’origine de l’incendie et de l'inflammation de la mousse. L'usage de ces fontaines lumineuses nécessite d'ailleurs souvent une structure ignifugée (norme M0 ou M1) que "La Constellation" ne possédait visiblement pas puisque le plafond était entièrement composé de mousse...
Des issues de secours bouchées
De plus, le manque de visibilité et les critiques concernant un éclairage trop sombre dans le sous-sol sont également relevés par de nombreux clients. D’autres commentaires pointent l’absence de sorties de secours, certaines étant bouchées ou dissimulées, laissant comme seule issue l’escalier par lequel la plupart des survivants ont pu s’enfuir.
Bar ou boîte de nuit ?
Enfin, si l’on se réfère aux vidéos, le sous-sol de "La Constellation" ressemblait davantage à une boîte de nuit qu’à un bar. Or, la réglementation en vigueur dans les bars interdit de se lever et empêche donc la danse. Ainsi, l’établissement ne respecterait pas les normes, ce qui pourrait davantage incriminer les propriétaires.