éditorial

L'édito de Véronique Jacquier

Véronique Jacquier
Société

Gilets jaunes : faut-il être violent pour se faire entendre ?

Dans la crise sociale et politique que nous traversons, cette violence est elle incontournable ?

Nous avons un gouvernement qui a cédé à la violence. Avant Noel l’Arc de Triomphe profané, les voitures brûlées, les radars vandalisés…Emmanuel Macron change de ton. Il trouve 10 milliards d’euros pour assurer un maigre pouvoir d’achat en plus à certains gilets jaunes. La mobilisation et la violence ont donc payé.  Ce fut déjà le cas en 2013 lors de la mobilisation des bonnets rouges. Des portiques arrachés, des affrontements entre police et manifestants auront raison de l’écotaxe…Ce fut aussi le cas en 2006 pour le contrat premier embauche. Il est retiré alors que le texte a été voté au parlement. Pression de la rue et forte tension dans les facultés. Le gouvernement redoute des victimes parmi les lycéens et étudiants. Enfin illustration de la violence des salariés de Continental en 2009. Ils saccagent la sous préfecture de Compiègne, excédés de ne pas être entendu par le gouvernement. Une heure après ils obtiennent un rendez vous. Alors oui malheureusement il faut être violent pour se faire entendre. Et avec les gilets jaunes la violence va crescendo. Les gilets jaunes qui sont toujours mobilisés sont exaspérés par la surdité du pouvoir.

 

La violence n’est pas le fait de tous les gilets jaunes… La position des gilets jaunes est ambivalente. Se mobiliser dans une manifestation non déclarée c’est indirectement cautionner des dérapages. Et il n’y a pas que des casseurs qui ont saccagés des magasins, ou frappés des policiers sur les ponts parisiens samedi dernier. On le voit sur les videos : il y avait des gilets jaunes. Il y a un effet d’entrainement dans la violence. C’est propre à toute manifestation. Edouard Philippe n’a apporté hier soir qu’une réponse sécuritaire. Maigre réponse pour contenir une violence populaire.

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