Elisabeth Lévy - "Écrire inclusive : on laisse mourir notre civilisation"

L’université de Clermont-Ferrand (UCA) va adopter une charte pour une communication inclusive.

Les blocages d’universités vont-ils se multiplier ?
Le président de l'université de Montpellier plaide pour une réouverture progressive. (Sylvain Thomas - AFP)

L’université de Clermont-Ferrand (UCA) va adopter une charte pour une communication inclusive.

Pascal Praud l'a déploré hier soir, à raison, que personne n’en parle à part l’UNI qui a lancé une pétition. Mais un syndicat étudiant de droite, ça ne compte pas. 

Demain, la charte sera soumise au Conseil d'administration de l'UCA. Si j’ai compris, cela ne concernera pas les travaux des étudiants mais la communication interne de l’université. Les textes seront évidemment truffés de points médians qui rendent la langue laide et incompréhensible. Et puis il y a les images, qui parlent et de plus en plus. Pour les rédacteurs de cette charte, les visuels des affiches, documents, vidéos sont un levier pour lutter contre les stéréotypes sexistes. Il faut rééduquer notre regard. Leurs pistes :

-Représenter les hommes et les femmes en nombre égal (pour parler de l’armée ou d’une maternité ça va être rigolo) 

-Éviter de représenter les femmes dans des positions statiques rêveuses ou passives et des hommes dans des attitudes concentrées et assurées. (Exit Madame Bovary et Top Gun) 

-Représenter de façon égalitaire les différentes ethnies, morphologies, genres et orientation sexuelle. Par exemple, lors d'une représentation d’un cours sur l’Afrique, il doit y avoir autant de blancs que de noirs. 

Est-ce pas anecdotique ?

Le premier réflexe est d’éclater de rire. Mais à force de rire, nous n’avons pas vu que ces dingueries devenaient une norme valorisée par le discours officiel (Récemment la capitale s'est couverte d'affiches : "Paris est fier.e d’accueillir les JO). 

L'écriture inclusive est un massacre de la langue, le début de la barbarie. C'est la haine de la littérature, donc de la complexité, de l'ambigüité, des troubles

L'objectif n’est pas de supprimer les stéréotypes (déjà morts) mais de les inverser: éviter de représenter un homme qui montre et une femme qui regarde (mais l’inverse est OK) : à notre tour d’en croquer, à vous d’en baver ! Le néo-féminisme ne veut pas l’égalité mais la revanche. Les révolutions finissent souvent (toujours ?) en lutte des places. 

Il s’agit de changer le réel au forceps, en piétinant le bon sens s’il le faut. Et il le faut. La majorité est effarée et impuissante. Même quand c’est illégal (écriture inclusive), aucune action, aucune sanction. Macron veut faire la paix en Ukraine. Mais il laisse mourir notre civilisation sans lever le petit doigt.