Déserts médicaux : "il y a de réelles pertes de chances !"

À l’hôpital de Marmande dans le Lot-et-Garonne, les urgences vont fermer par manque de candidats, dans un premier temps le soir et la nuit. Les patients sont dirigés à plus de 35 minutes de là, à Bergerac ou encore Agen. Une situation qui illustre la difficulté d’accès aux soins des Français vivant dans des déserts médicaux. À Marmande, l'inquiétude grandit.

Déserts médicaux
Urgences : le compte à rebours est lancé pour le service de l’hôpital de Marmande. © AFP

Reportage à Marmande de Christine Bouillot pour Sud Radio

 

Déserts médicaux : "On ne sait plus quoi faire !"

Dans un premier temps, les urgences fermeront de 18h30 à 8 heures du matin. Mais pour Michel Ceruti, l’animateur du collectif des usagers de l’hôpital de Marmande, ce mode dégradé n'augure rien de bon pour l'avenir de l'hôpital tout entier, confronté aux déserts médicaux. "On a l'expérience à Laréole, où il ne reste plus qu'une urgence de bobologie jusqu'à 20h et puis des soins de suite et de réadaptation, regrette-t-il. C'est une maison de retraite améliorée, regrette-t-il. On n'en veut pas !"

À l’absence d’urgentistes à Marmande s’ajoute la difficulté croissante de faire venir des médecins sur le département. "On ne sait plus quoi faire, confie Régine Poveda, la maire de Meilhan, chargée des questions de santé sur l’agglomération Val de Garonne. Elle lance un appel : "Pourtant, si vous saviez Mesdames et Messieurs les internes comme c'est beau le Lot-et-Garonne ! Pour nous, c'est vital d'avoir les urgences à Marmande".

"Il y a de réelles pertes de chances !"

Face à cette situation, certains élus veulent poser le débat sur l’obligation d’installation des médecins. C'est le cas de Joël Hocquelet, le maire de Marmande, ancien médecin lui-même. "J'étais contre jusqu'à il y a quelques mois, mais on voit bien que les collectivités, les départements, tout le monde a quasiment tout essayé, assure-t-il. Je crois qu'on arrive au bout de ce qu'on peut faire". 

Pour lui, "il faut maintenant attaquer le problème beaucoup plus haut, c'est-à-dire au niveau national, ce qui est la compétence de l'État, et se poser la question de l'installation des médecins et comment on les répartit sur le territoire. On ne peut pas accepter que des populations entières restent avec des pertes de chances. Il y a de réelles pertes de chances pour les gens qui habitent dans des territoires en désertification médicale par rapport à d'autres. Dans notre République, ce n'est pas admissible", estime-t-il. "Ça doit être un sujet central de la prochaine élection présidentielle, malheureusement ça n'en prend pas le chemin...", déplore l'élu.

Pour défendre leur hôpital, les habitants, les élus et les soignants de Marmande manifestent tous les vendredis à 17h depuis près d'un mois.

 Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !