Brest : un professeur traite ses étudiants de quasi-débiles et crée la polémique

À Brest, dans un texte qui a fuité, un professeur a créé la polémique en qualifiant ses élèves de quasi-débiles. Élisabeth prend sa défense.

Brest Université de Bretagne occidentale

Un professeur de l’université de Brest fait scandale en traitant les étudiants de "quasi-débiles".

L'affaire secoue l’UBO (Université de Bretagne occidentale) a été révélée par le Télégramme de Brest. Elle ne divulgue pas le nom du professeur, maître de conférences de droit, économie et gestion. Il s’agit d’un courriel partagé avec des personnels, que le syndicat étudiant "Une Alternative pour l’UBO" a fait fuiter.

Dans sa diatribe, à la fois drôle et féroce, ce professeur qualifie l’UBO de "ZoneUniversitairePrioritaire qui ne vaut pas un pet de lapin", et décrit ses étudiants ainsi : "Chouette auditorat, de quasi-débiles pour certains qui ne savent pas comprendre le sens d’un texte simple et ânonnent en lisant. (…) Venez chez nous même si vous êtes médiocres car, même si vous fraudez aux examens, vous ne serez pas poursuivis".

Le syndicat, furibond, parle de honte et d’une extrême violence et condescendance vis-à-vis des étudiants. Pauvres chatons.

Il est vrai que ce n’est guère aimable de la part de ce professeur de Brest

D’abord, en texte privé, c’est sa diffusion qui est fautive. Ensuite, l’éducation ne repose pas sur l’amabilité mais sur la vérité. Le mépris c’est de câliner les étudiants en leur faisant croire qu’ils ont le niveau. Enfin, le niveau désastreux de certains étudiants est un secret de polichinelle (plusieurs collègues du prof le confirment). Pas étonnant: on les fait passer de classe en classe dans le secondaire, on donne le bac à tous et, à l’arrivée, un diplôme qui ne vaut rien. 

Si honte il y a, c’est celle de la présidence de l’Université. En février, quand le prof l’a alertée sur des fraudes massives aux examens en distanciel, elle a ouvert une procédure disciplinaire, non contre les fraudeurs mais contre l’enseignant.

Sur le courriel, une instruction est en cours. Bref, plutôt qu’affronter la réalité pour la corriger, il y a le déni et l'offuscation. Pas de vagues ! Ils devraient se demander pourquoi les bons élèves choisissent Nantes ou Rennes tandis que l’UBO devient une fac-dépotoir. Ils préfèrent dénoncer le lanceur d’alerte. Comme le chantait Guy Béart à propos de Soljenitsyne : "celui qui dit la vérité doit être exécuté".

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