Geoffroy Lejeune interdit à Sciences Po : "Un comportement non seulement idéologique mais lâche"

Geoffroy Lejeune a été interdit d'aller à Sciences Po pour une conférence après sa condamnation dans l'affaire Obono. Une décision qualifiée de lâche par Élisabeth Lévy.

Geoffroy Lejeune
"Valeurs Actuelles" managing editor Geoffroy Lejeune takes part in a debate "Dialogue in Europe" on April 25, 2019 in Paris. (Photo by Lionel BONAVENTURE / AFP)

Geoffroy Lejeune, patron de Valeurs actuelles, a été interdit de conférence à Sciences Po. Élisabeth Lévy pointe une forme de contradiction intellectuelle.

Geoffroy Lejeune était invité le 8 novembre par l’association Génération Z de SciencesPo. Il a reçu campagne et pressions des syndicats et associations de gauche estimant qu’il y a des limites à la liberté d’expression. En clair, qu’elle est réservée à ceux qui pensent comme eux. En revanche, la venue de Mélenchon et de Poutou n’a pas posé de problème. Peut-être que les étudiants de droite sont-ils plus pluralistes. Ou ceux de gauche suffisamment hargneux. Ils passent leur temps à menacer, intimider, calomnier.

La directrice intérimaire a cédé avant d’avoir mal et a signifié par mail à Génération Z que Geoffroy Lejeune était indésirable à Sciences PO. "Notre établissement n’accepte pas les propos haineux, racistes et autres incitations à la violence". Le prétexte: le directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles a été condamné dans l’affaire Obono. Or, il a fait appel, il est donc toujours présumé innocent.

Que dire de cette affaire Geoffroy Lejeune - Sciences Po, somme toute mineure ? 

Ce n'est pas une affaire isolée. Intellectuels et intervenants de droite sont régulièrement interdits de conférence. Geoffroy Lejeune a déjà été censuré à Sciences Po Lille et l'ESCP. 

C'est inquiétant que des gens de 20 ans qui ont fait de la tolérance un métier soient aussi fanatiquement intolérants. Une minorité endoctrinée refuse d’entendre un discours avec lequel elle n’est pas d’accord. Et s’impose à la masse qui ne veut pas d’ennuis. Or, on parle là de la future élite dirigeante. Sciences po c’est la fabrique de la fabrique de l’opinion. 

Dans ce comportement des directions, il n'y a pas seulement de l’idéologie mais de la lâcheté, du "pas de vagues". 

Le nouveau directeur de Sciences Po s'appelle Matthias Vicherat. Son pédigrée file la trouille: il est énarque, enfant de Delanoë et Hidalgo. Et ses premières déclarations le sont encore plus : "démocratiser, amplifier l’inclusion et l’égalité des chances".

Je voudrais lui lancer un appel : Monsieur le Directeur, votre boulot n’est pas l’élevage en batterie de perroquets progressistes mais la formation de jeunes gens à la pensée libre et aux controverses civilisées. Ça s’appelle l’Esprit des Lumières. Alors, chiche, pour l’inclusion, si elle vaut pour les idées. On ne peut pas aimer la différence et détester la divergence.

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