"Anne Hidalgo ? Dès qu'elle prend la parole, elle suscite l'ironie dans ses propres rangs"

Anne Hidalgo va-t-elle tenir malgré de faibles intentions de votes pour la présidentielle ? La question se pose dans les rangs du PS.

Hidalgo
Thomas SAMSON - AFP

Ce matin, Thierry Guerrier revient sur la question que posait hier en Une du JDD : faut-il débrancher Anne Hidalgo ? Va-t-elle tenir encore longtemps, malgré ses grosses difficultés ?

"C’est une question d’autant plus d’actualité que, de plus en plus de socialistes (encore attachés à leur parti malgré ses dérives), se posent eux-mêmes publiquement la question, et ne cachent plus redouter ce que certains appellent déjà un "accident industriel" pour le PS. Hier par exemple, Jean-Christophe Cambadelis, ancien patron du parti jusqu’à la défaite cuisante de 2017, tweetait un message commençant ainsi : "Si Anne Hidalgo ne tenait pas, ce que rien n’indique, il y aurait (quand même) un candidat socialiste". Ce n’est pas anodin d’écrire ça, de la part d’un des derniers apparatchiks notables du PS".

Mais que retenez vous de ce tweet ?

"Deux choses. D’abord que l’hypothèse d’une interruption de la campagne d’Anne Hidalgo, commence sérieusement à être évoquée par les plus hauts cadres du PS. Et qu’ensuite, il y a au moins 2 scénarios qui sont sur la table dans leurs discussions".

"Le premier, celui de ceux qui plaident pour un effacement, ni plus ni moins, du PS à la présidentielle derrière les Verts, mais après avoir négocié un accord avec Yannick Jadot pour se garantir des circonscriptions aux législatives et préserver ainsi un groupe à l’assemblée nationale. Et puis le second scénario, celui de ceux (comme Jean-Christophe Cambadelis) qui souhaitent garder un candidat socialiste à tout prix".

"Mais quelqu’un ou quelqu’une qui aurait plus d’envergure que la maire de Paris, bientôt surnommée "madame 4%", et ce, pour préserver notamment les finances du PS, qui seront en faillite si elle devait restée enquistée à 4 points d’intention de vote".

Dernière déconvenue d’ailleurs pour elle, les banques se font tirer l’oreille ?

"Les banquiers ne sont pas fous, il y a trois banques au moins qui auraient refusé en effet récemment d’octroyer un prêt au PS pour financer sa campagne actuelle".

Pourtant Anne Hidalgo, elle, fait comme si de rien n’était ?

"Et la direction du PS et sa (encore) candidate n’ont peur de rien, puisqu’ils vont nous refaire le coup, aujourd’hui même, de la enième relance (ou lancement, on ne sait plus très bien) de sa campagne... en débutant un nouveau tour de France d’Hidalgo. Le problème c’est que chaque fois qu’elle prend la parole, la maire de Paris suscite l’ironie dans ses propres rangs… comme il y a deux jours quand, invitée du 20h de TF1, à la question d’Anne-Claire Coudray sur ce qu’il fallait faire pour garder les infirmières dans les hôpitaux, elle a répondu "un plan de court et même de moyen terme" sans en préciser la teneur".

"C’est ce genre d’improvisation mièvre qui désespère les militants socialistes sincères, qui sont la risée des distributions de tracts sur le terrain"

Et qu’est-ce qui pourrait faire renoncer Anne Hidalgo ?

"Avec des sondages persistants autour des 5%, elle risque une double humiliation, celle d’une défaite historique qui serait une des pires du socialisme français et un affront qui lui retirerait, ce qui reste de la stature internationale qu’elle tente de se donner avant les jeux de 2024. Anne Hidalgo est orgueilleuse, entêtée… mais peut-être aussi lucide".

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