Michel Fournier : "Changer le regard passéiste qu’on a pu avoir sur les communes rurales"

Michel Fournier, vice-président de l'association des maires ruraux de France
Michel Fournier, vice-président de l'association des maires ruraux de France

Vice-président de l’association des maires ruraux de France, Michel Fournier était l’invité du Grand Matin Été sur Sud Radio ce lundi. L’occasion pour lui d’évoquer le sort des petites communes et la suppression programmée de la taxe d’habitation.

Alors qu’Emmanuel Macron et Édouard Philippe se rendent lundi au Sénat dans le cadre de la conférence des territoires, Michel Fournier était l’invité de Sud Radio ce lundi. Vice-président de l’association des maires ruraux de France et maire de la commune des Voivres (Vosges), il rencontrera lui-même le président de la République, avec un objectif bien en tête. "Nous allons lui faire prendre conscience plus fortement que les communes rurales existent, sont sources d’innovation, et qu’il faut avoir un autre regard sur ces communes, et pas le regard passéiste qu’on a pu avoir jusqu’à présent. Ces communes représentent quand même 30% de la population et 85% du territoire", plaide-t-il.

"Une déconnexion entre l’administré et la collectivité"

Alors que l’exécutif assure que les pertes financières liées à la suppression de la taxe d’habitation seront compensées, Michel Fournier assure que le problème est ailleurs. "Le plus inquiétant ce n’est pas la compensation, même si on sait que ça part souvent en peau de chagrin. Non, c’est surtout la déconnexion que la suppression de la taxe génère entre l’administré et la collectivité dans laquelle il réside. Autrement dit, l’indépendance financière de la commune se restreint fortement", explique-t-il.

Ne se montrant pas dupe des promesses affichées ("J’ai quelques années de maire derrière moi, et je sais que toutes les compensations baissent régulièrement en fonction de l’augmentation du coût de la vie"), Michel Fournier déplore surtout une perte d’autonomie qui s’amplifie dans les communes rurales. "Dans ma commune, je ne suis déjà plus compétent en ce qui concerne la taxe professionnelle. On a quatre leviers sur la fiscalité, et ça fait donc deux leviers qui partent. Il faut dire les choses comme elles sont : à terme, on veut que les communes n’aient plus cette faculté d’autonomie. C’est ça le risque", déplore-t-il.

"Nous ne sommes pas des moutons à attendre sagement de passer à l’abattoir"

Dès lors, qu’attendre de cette conférence des territoires au Sénat ce lundi ? L’édile vosgien espère en tout cas un dialogue avec le pouvoir central. "Les communes rurales ne sont pas des moutons à attendre sagement de passer à l’abattoir. On a des propositions à faire, le pacte de ruralité qui est pressenti doit être une négociation. Il y a deux élus en France qui sont importants aujourd’hui et que les Français respectent : le Président et le maire. Il faut donc travailler à part égale", annonce-t-il.

Réécoutez ici l’intégralité de l’interview de Michel Fournier dans le Grand Matin Été sur Sud Radio

 

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