single.php

Le maire d'Orléans multiplie son indemnité par 4

Par Mathieu D'Hondt

Le maire d'Orléans a décidé de multiplier son indemnité par 4, un choix qui divise au sein de sa municipalité.

Thumbnail

Alors que les débats autour de la moralisation de la vie publique font rage depuis l'accession au pouvoir d'Emmanuel Macron et l'avènement du projet de loi éponyme, les revenus des élus demeurent un sujet tabou, bien souvent à l'origine des griefs que peuvent avoir les Français envers les politiques.

De 958 euros à... 4120 euros.

Dernière polémique en date, celle suscitée par l'augmentation des revenus du maire d'Orléans, Olivier Carré. Confirmant une information révélée par nos confrères de la République du Centre, Radio France Bleu Orléans croit savoir que ce dernier a en effet obtenu le droit d'augmenter son indemnité municipale qui s'élève désormais à 4 120 euros par mois, contre 958 auparavant. Cette rémunération viendra s'ajouter à celle que perçoit déjà l'intéressé en sa qualité de président de métropole pour atteindre 8 000 euros.

Cette augmentation a été validée par les élus locaux lors d'une session du Conseil municipal, organisée au lendemain du second tour des législatives le 19 juin. Ayant renoncé à son strapontin de l'Assemblée, comme le prévoit la loi sur le non-cumul des mandats, Olivier Carré a donc soumis ce projet de revalorisation à sa majorité afin de toucher, en tant que maire et dirigeant d'agglomération, des émolument similaires à ceux qu'il percevait jadis avec ses indemnités de députés. A l'époque, l'élu, en plus des 2 458 euros mensuels qu'il percevait de la part de la municipalité et de la métropole, recevait en effet 5 600 euros (nets) par mois d'indemnité parlementaire, soit 8 000 euros chaque mois.

Une décision somme toute normale selon M. Carré, qui ne comprend pas que cela puisse faire "polémique", bien qu'il admette volontiers que les sommes "peuvent paraître importantes". En tant que député, il touchait 5 600 euros (nets) par mois d'indemnité parlementaire. Ayant perdu ce salaire en abandonnant son siège, il a donc décidé de qui étaient jusqu'à présent plafonnés en raison du cumul.

L'opposition n'est pas là "pour maintenir le pouvoir d'achat du maire"

Le son de cloche est évidemment différent du côté de l'opposition. Interrogée sur la situation, la conseillère municipale socialiste Corinne Leveleux Texeira ne décolère pas. "Ce qui nous choque, ça n'est pas que le maire touche une indemnité pour son travail (...) c'est la manière dont il s'y prend", déplore-t-elle. "Notre rôle à nous, élus, ça n'est pas de fixer le niveau de vie du maire, ni d'assurer le maintien de son son pouvoir d'achat en fonction de son parcours politique. Cette indemnité n'a cessé de changer pour correspondre aux besoins de Serge Grouard puis d'Olivier Carré", poursuit-elle.

Sa collègue Emmanuelle Matet ne dit pas autre chose et suggère, non sans sarcasme, d'appliquer, "la même règle aux agents de la mairie d'Orléans, à tous les salariés qui perdent leur emploi ou qui changent de travail" afin de faire "en sorte que leur pouvoir d'achat ne change pas au cours de leur vie professionnelle". "Ça n'est clairement pas le cas, alors pourquoi en serait-il autrement pour le maire d'Orléans ?", conclu-t-elle.

L'info en continu
14H
13H
12H
11H
10H
09H
08H
07H
Revenir
au direct

À Suivre
/