Info Sud Radio : Trois-quarts des véhicules de l'État roulent au diesel

Édouard Philippe ©JACQUES DEMARTHON - AFP
Édouard Philippe ©JACQUES DEMARTHON - AFP

INFO SUD RADIO. Cible de toutes les attaques du gouvernement, le diesel est pourtant le mode de carburant préféré de l'État pour ses véhicules officiels. Loin de montrer l'exemple, il fait moins bien que les Français, pour qui 60 % des voitures sont des diesel.

75 % des voitures de l'État carburent au gazole. Un chiffre surprenant quand on sait que cette semaine encore, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, martelait que : "Le diesel tue !"

 

 

 

Au moment où les taxes sur le diesel flambent, provoquant la colère des citoyens qui se mobiliseront dans la rue à travers le mouvement des Gilets Jaunes ce samedi 17 novembre, l'État applique la célèbre formule : "Faites ce que je dis, pas ce que je fais."

En 2018, une voiture sur dix achetée par l'État roule au gazole

L'État progresse, cependant. Il y a 3 ans, le gazole, c'était encore 85 % de son parc automobile. Mais cette progression reste lente et certains élus pointent du doigt un manque de volonté politique. La logique économique serait encore bien souvent préféré à la logique écologique.

Hervé Maurey est sénateur centriste de l'Eure et président de la commission Développement durable du Sénat. Pour lui, l'État est loin d'être exemplaire sur le sujet : "L’État, c’est très souvent ‘Faites ce que je dis, pas ce que je fais’. Le seul fait qu’on ait fixé dans la transition énergétique un taux de renouvellement de 50 %, ce n’est pas très ambitieux, parce que ça veut dire qu’on peut encore acheter, quand on est un service de l’État, pour moitié, des véhicules diesel. À la fois on met en place des mesures, des aides fiscales pour inciter les Français à aller vers des véhicules décarbonés et en même temps, on continue à acheter des véhicules qui sont jugés par l’État comme plus polluants. C’est incohérent."

Une circulaire de 2017 prévoit que le recours aux véhicules propres doit représenter au moins la moitié des achats de l'État. Mais pour l'autre moitié, les ministères sont encore libres de continuer d'acheter du diesel. D'ailleurs, cette année encore, une voiture sur dix achetée par l'État roule au gazole.

 

 

 

L'électrique et le hybride, 8 % du parc automobile de l'État

Des efforts sont également visibles du côté de l'électrique et de l'hybride. Leur part dans le parc automobile de l'État a doublé ces trois dernières années. Mais ils ne représentent que 8 % de la totalité. On est dont loin de la transition écologique massive prônée par le gouvernement, puisque 90 % des voitures de l'État sont encore des véhicules thermiques.

Yves Carra est porte parole de l'Automobile Club Association. Pour lui, il est devenu urgent que le gouvernement réagisse : "J’invite le gouvernement, puisqu’il nous le demande, à faire un audit très précis de leur mobilité, de ce qu’ils ont besoin de faire, et d’adapter comme ils le demandent aux Français, aux vélos, aux transports en commun, à l’hybride, à l’électrique parce qu’ils en ont les moyens, peut-être à l’hydrogène. Et ils verront, à ce moment-là, de quoi on a besoin, nous Français, pour nos déplacements. Qu’ils fassent un audit précis et, en fonction de ça, qu’ils fassent leurs achats. Là, je pense qu’on fera quelques économies."

Propos recueillis par Benjamin Glaise pour Sud Radio

Les rubriques Sudradio