Cautrès : "Le costume de ministre n'est pas le plus naturel pour Nicolas Hulot"

Nicolas Hulot (©ALAIN JOCARD - AFP)

Bruno Cautrès, politologue et chercheur au CEVIPOF, voit dans les déclarations de Nicolas Hulot, qui se laisse jusqu'à cet été pour décider de son avenir au gouvernement, un appel du pied au Premier ministre et au président de la République pour obtenir plus de considération.

Ultimatum au sein du gouvernement ? Ce mercredi, Nicolas Hulot a indiqué qu'il se laissait jusqu'à cet été pour décider s'il restait, ou non, dans le gouvernement d'Édouard Philippe. Une déclaration qui laisse paraître un malaise du ministre d'État au sein de l'équipe gouvernementale.

Au micro de Sud Radio, le politologue et chercheur au CEVIPOF, Bruno Cautrès, y voit l'expression de quelqu'un qui n'est pas un politique dans l'âme : "Le costume de ministre n'est pas le plus naturel pour lui. Au fond, il a quand même accumulé dans l'opinion publique un capital de sympathie, de notoriété, extrêmement élevé. C'est sa ressource la plus importante s'il veut continuer d'incarner, en France, le combat pour l'écologie et la planète. Il y a un moment où va forcément se poser la question, pour lui, s'il ne doit pas retourner dans le monde duquel il est issu, dans lequel il est le plus dans son vivier naturel, qui est sa fondation et ses combats sur le terrain."

On a du mal à voir clairement l'impact net d'un Nicolas Hulot dans le gouvernement

D'autant que ses premiers mois au gouvernement n'ont pas été de tout repos. "Bien sûr le gouvernement a renoncé à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, mais on a du mal à voir clairement l’impact net d’un Nicolas Hulot dans le gouvernement. C’est sans doute des questions qu’il se pose lui-même", a expliqué Bruno Cautrès.

Sans oublier l'affaire d'agression sexuelle révélée par le magazine Ebdo, un épisode qui l'a fortement marqué : "Nicolas Hulot a été très fortement exposé, on l’a vu réagir avec beaucoup d’émotion. Sans aucun doute que c’est une goutte d’eau qui est venue se rajouter aux interrogations qu’il devait déjà se poser."

S'il devait partir, tout le monde y verrait une forme d'échec de la mission qui lui avait été confiée

Pour Bruno Cautrès, cette sortie du numéro 3 du gouvernement marque surtout un appel du pied pour obtenir plus de considération : "Le fait qu’il ait parlé d’un moment de vérité dit assez clairement les choses. C’est une manière dire au président de la République et au Premier ministre que s’ils tiennent à sa présence dans le gouvernement, il faut revoir les dossiers, rouvrir l’étendue des missions et les enjeux de moyenne durée de son mandat."

Et un départ, s'il devait se confirmer, serait assurément un coup dur pour l'exécutif. "Ce serait d'autant plus important que c'est sur un thème, l'environnement, qui préoccupe beaucoup les Français et que c'est une question où la sensibilité est importante dans l'électorat de La République en Marche et sans aucun doute parmi les adhérents, analyse Bruno Cautrès. S'il devait partir, nul doute que tout le monde y verrait une forme d'échec de la mission qui lui avait été confiée. Ce serait perçu comme une personnalité médiatique, à forte personnalité, qui dirait 'Je n'y ai pas trouvé mon compte'."

Propos recueillis par Alfred Aurenche pour Sud Radio

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Nemo
- Vendredi 18 mai 2018 à 21:10
Courage, fuyons!

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