Antoine Lambert : "Les propos d'Agnès Buzyn, du négationnisme scientifique"

Les pesticides dans le viseur de certains agriculteurs (©REMY GABALDA - AFP)

Vice-président de l'association Phyto-Victimes, Antoine Lambert était l’invité du 18h Sud Radio ce mardi soir pour évoquer la proposition de loi visant à indemniser les victimes des pesticides, retoquée par le gouvernement.

C’est un coup de poing dans l’estomac qu’ont reçu de nombreux agriculteurs victimes des pesticides en apprenant que le gouvernement allait s'opposer à la proposition de loi visant à indemniser les agriculteurs victimes des pesticides de l’industrie agrochimique. Une décision que dénonce ce mardi soir sur Sud Radio le vice-président de l’association Phyto-Victimes, Antoine Lambert. "Nous nous battons depuis plusieurs années pour mettre en place un fonds d’indemnisation pour les victimes des pesticides, comme il en existe d’autres pour l’amiante ou les essais nucléaires. Tous les feux verts étaient au vert puisque le Sénat a adopté il y a quelques mois la proposition de loi de Nicole Bonnefoy. Le gouvernement s’y opposait déjà dans les débats par la voix de la ministre de la Santé Agnès Buzyn. Ses propos sont assez surprenants puisqu’elle évoque le besoin d’études supplémentaires et des connaissances insuffisantes sur les effets de ces produits", assure-t-il.

Selon lui, la justification avancée par la ministre est un non-sens total, les effets des pesticides étant de plus en plus reconnus de nos jours. "On en parle de plus en plus !Plusieurs rapports d’État ou d’inspection d’État, les rapports de l’Inserm, tous vont dans le même sens ! Il existe des produits dangereux, et le gouvernement fait la sourde oreille. On ne comprend pas cette attitude. (...) Tous les fonds d’indemnisation vont vers une réparation du préjudice intégral. Aujourd’hui, ce n’est absolument pas le cas dans l’agriculture", martèle-t-il.

Pour Antoine Lambert, la ministre de la Santé joue un jeu incompréhensible. "On ne comprend absolument pas les propos de Mme Buzyn. Le ministre de l’Agriculture ne s’y est apparemment pas officiellement opposé, c’est elle qui a pris la parole au Sénat et qui a tenu des propos que Bernard Jomier, rapporteur de la loi, qualifie de négationnisme scientifique. Les preuves existent, puisque deux maladies ont été récemment ajoutées au tableau des maladies professionnelles agricoles. Il y a bien des produits qui génèrent des maladies, c’est du concret !", insiste-t-il.

Réécoutez en podcast toute l’interview d’Antoine Lambert dans le 18h Sud Radio

 

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