Guerre en Ukraine : la France se mobilise pour l’accueil des réfugiés

Comment accueillir les réfugiés d'Ukraine ? Décryptage de Didier Leschi, directeur de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration.

Alors que l'on parle de 700.000 réfugiés venus d'Ukraine, de quelles capacités d’accueil dispose-t-on en France ?

Ukraine : "Beaucoup d'hommes restent pour combattre"

"Je crois qu’aujourd’hui, on ne sait pas quel sera le flux de réfugiés ou d’évacués ukrainiens souhaitant venir en France, estime Didier Leschi, directeur de l'OFII (Office Français de l'Immigration et de l'Intégration). La France n’est pas le premier pays de la communauté ukrainienne en Europe. Nous avons à peu près 17.000 Ukrainiens. Il faut comparer cela aux 230.000 en Italie, 100.000 en Espagne, 150.000 en Allemagne. Et bien sûr, il y a la Pologne."

"Dans ce genre de situation, après six jours d’intervention russe, on sait que les personnes vont d’abord dans les pays limitrophes, décrypte-t-il. Nous sommes dans une situation particulière car, courageusement, beaucoup d’hommes, maris, frères, restent pour combattre. Nous avons donc beaucoup de femmes dans des pays limitrophes. Il n’est pas sûr que ces familles aient envie de s’éloigner. Les familles en France se mobilisent pour envoyer de la nourriture et du matériel d’aide aux personnes."

"Mettre en place une protection temporaire"

"Mais nous savons faire, rappelle Didier Leschi, directeur de l'OFII. Nous l’avons fait pour les Afghans après le 15 août. Nous avons des dispositifs d’accueil. Les préfets doivent recueillir l’ensemble des offres des collectivités locales et des particuliers." Qui va répartir ces réfugiés au sein des différents pays membres ? "Jeudi, le Conseil européen va débattre d’une proposition française, la mise en place d’une protection temporaire, d’un statut juridique permettant à tout Ukrainien arrivant en France de pouvoir travailler et de bénéficier d’une allocation versée par l’OFCI."

"Nous n’en sommes pas encore au stade de la répartition de la charge de l’accueil, tempère-t-il. Nous sommes dans une situation différente de la Syrie ou de l’Afghanistan. Là, l’aspiration des Ukrainiens est de pouvoir retourner dans leur pays le plus vite possible. Le ministre de l’Intérieur annonçait des titres de séjour prolongés de 90 jours au moins." Faut-il leur accorder l’asile d’office ? "Il est examiné par l’OFPRA. Nous ne savons pas comment cela va se passer dans la durée, en flux et en capacité d’accueil. Les familles veulent d’abord aller là où elles ont des connaissances."

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