Le Conseil d'Etat a confirmé la classification de LFI à "l'extrême gauche" et celle de l'UDR, parti d'Eric Ciotti, à "l'extrême droite" pour les élections municipales après avoir été saisi par les deux formations, qui contestaient cette décision du ministère de l'Intérieur.
"Le Conseil d'Etat juge, compte tenu de la situation politique prévalant pour les élections municipales de 2026 et des alliances observées pour ces élections, que ni le classement de LFI dans le bloc de clivages +extrême gauche+, ni celui de l'UDR dans le bloc de clivages +extrême droite+ ne sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation", écrit la plus haute juridiction administrative dans un communiqué publié vendredi soir.
C'est la première fois que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, qui se définit comme de gauche radicale, est classé à l'extrême gauche depuis sa création en 2016.
La France insoumise, même si elle porte un programme de rupture avec le capitalisme et entretient des liens avec des partis d'extrême gauche, était jusqu'à présent classée à gauche, comme l'avait confirmé une décision du Conseil d'Etat en 2024.
Mais le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez en a décidé autrement dans cette circulaire publiée au début du mois.
LFI, mouvement connu pour sa forme ultra radicale et son style empreint du "bruit et de la fureur" théorisé par Jean-Luc Mélenchon, se voit requalifiée en raison de sa "remise en cause très forte de l'autorité judiciaire" et ses "accusations systématiques" contre "la police (qui) tue", preuves pour M. Nuñez d'une "évolution vers une forme de radicalité", avec "des appels à la désobéissance civile".
"On ne truque pas les étiquettes politiques", a insisté le locataire de Beauvau, assumant de reclasser une organisation qui "s'éloigne un peu de nos valeurs universalistes républicaines en donnant la primauté aux aspects communautaires (et) identitaires".
Les Insoumis s'étaient indignés contre cette décision qu'ils ont prise comme une attaque politique.
Le coordinateur du mouvement Manuel Bompard avait accusé l'exécutif "d'utiliser ces étiquettes comme un moyen de stigmatisation" - même si, de son point de vue, ce classement à l'extrême gauche n'est "pas infamant ou insultant (mais) juste faux".
AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP