À Villeneuve-la-Garenne, une polémique a éclaté après l'envoi par une agence liée au réseau Century21 d'un courrier demandant à un copropriétaire de retirer une mezouzah installée sur l'encadrement extérieur de sa porte. Le document rappelle que cette partie relève des espaces communs et que toute modification nécessite l'accord préalable de la copropriété conformément à la loi de 1965. L'installation réalisée sans autorisation a donc été jugée non conforme.
Mais l'affaire a pris une dimension nationale après sa diffusion sur les réseaux sociaux, suscitant l'inquiétude de certains locataires et propriétaires de confession juive. Sollicité par Magali Berdah dans son talk sur Sud Radio, Charles Marinakis, président de Century21 France, a non seulement accepté de répondre et d'apporter des précisions sur cette mise en demeure, mais en a profité pour annoncer que l'agence locale avait revu sa position et annulé cette procédure.
"Neuf courriers ont été adressés, et pas seulement un pour demander de retirer cette mezouzah"
« Je comprends parfaitement bien l'émotion que cela puisse susciter, a souligné d'emblée Charles Marinakis. Ce que je comprends moins bien, c'est le déferlement que ça a généré sur les réseaux sociaux, avant d'apprendre et de connaître le contexte dans lequel ce courrier a été adressé à cet occupant. Je vais donc recontextualiser les faits qui sont en fait beaucoup plus simples qu'on ne peut l'imaginer (…) Une fois que j'ai creusé le dossier, je me suis aperçu très simplement que le 4 février 2026, le conseil syndical a organisé un état des lieux de la copropriété avec la gestionnaire de copropriété, en l'occurrence notre agence Century21. Et en faisant l'état des lieux, ils ont noté neuf dysfonctionnements qui ne correspondaient pas au règlement de copropriété tel qu'il a été défini par l'ensemble des copropriétaires. Ils ont donc décidé de mettre en demeure ces occupants de se mettre en conformité avec le règlement de copropriété. La gestionnaire a ainsi adressé neuf courriers de mise en demeure de retrait d'une installation irrégulière d'une caméra sur la porte pallière, de retrait d'une installation irrégulière d'une sonnerie, de retrait d'une caméra sur les parties communes, d'une installation non autorisée d'un dispositif sur l'encadrement de la porte pallière, etc. Donc, elle a adressé neuf courriers et pas seulement un pour demander de retirer cette mezouzah. »
🔴 EXCLU SUD RADIO
— Sud Radio (@SudRadio) February 26, 2026
🗣️ @CFMARINAKIS, président @century21fr : "Le conseil syndical, à notre demande, a révisé sa position et a décidé d'accepter que la mezouzah puisse rester sur cette porte" au micro de @MagaliBerdah #mezouzah #century21
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"Je comprends que ce courrier puisse contrarier la communauté juive"
« Je comprends parfaitement que ce courrier pris comme ça, de manière brutale, puisse susciter des interrogations et que ça puisse contrarier la communauté juive, reconnaît le président de Century21 France (…) Si c'était à refaire, je demanderais à ce courrier ne parte pas. D'abord, moi, j'aurais pris mon téléphone pour appeler les gens. Je trouve que la première des courtoisies, c'est de passer un coup de fil, d'expliquer la difficulté, de dire ce qui se passe et demander d'avoir la gentillesse de le faire autrement ou comment on pourrait trouver une solution. »
"il a donc été décidé d'accepter que la mezouzah puisse rester sur cette porte"
Et d'annoncer : « J'ai quand même une bonne nouvelle : nous sommes intervenus auprès de l'agence locale et auprès du conseil syndical et à notre demande, cette position a été révisée. Après s'être réunis, il a donc été décidé d'accepter que la mezouzah puisse rester sur cette porte. En considérant deux choses. D'abord, que c'est pour apaiser les esprits, pour la bonne entente des copropriétaires dans cet immeuble. Mais en demandant, en revanche, que le jour où l'occupant partirait, qu'il s'engagerait à remettre en état les parties communes parce qu'effectivement, les huisseries des portes sont des parties communes. Il y a une clause d'harmonie dans les règlements de copropriété donc chacun ne peut pas faire ce qu'il veut des huisseries. Et puis surtout, le conseil syndical a dit que c'est quand même dommage de ne pas s'être parlés parce que peut-être, on n'en serait pas arrivé à une situation comme celle que nous connaissons aujourd'hui. »