Face à André Bercoff et Céline Alonzo, le directeur de la rédaction de La Tribune de l'Art pointe l’abandon du schéma directeur lancé par Jean-Luc Martinez, des défaillances de sécurité préoccupantes et l’absence d’assurance des collections nationales. Il évoque aussi les espoirs de retrouver les bijoux volés, à l’image d’un précédent survenu à Dresde, tout en soulignant l’ampleur des défis qui attendent le futur président, Christophe Leribault.
Didier Rickner : "Jean-Luc Martinez avait lancé un schéma directeur dont les travaux devaient commencer en 2022. En 2023, 2024 ni 2025, il ne s'est rien passé !"
André Bercoff : Qu'est-ce qu'il faut faire pour ce qui s'est passé ne se reproduise pas ?
Didier Rickner : J'ai été stupéfait comme tout le monde de voir le peu de sécurité qu'il y avait. Il y a un schéma directeur. J'étais très critique envers Jean-Luc Martinez, le prédécesseur de Laurence des Cars. Mais il avait lancé un schéma directeur dont les travaux devaient commencer en 2022. En 2023, 2024 ni 2025, il ne s'est rien passé ! Parce que pour vendre son projet de sous-sol, Laurence des Cars voulait tout regrouper.
Depuis, oui, on a installé des plots sur le trottoir là où était installée la nacelle, donc elle ne pourra plus s'installer. On a mis une grille qu'on aurait dû mettre depuis longtemps. Je pense qu'on commence à prendre certaines mesures. Mais ce schéma directeur, il faut le commencer. Donc là, il va commencer. Mais il va falloir l'accélérer.
Et également faire tout le reste. Il y a des problèmes de canalisation. Il y a des salles où il y a de l'eau qui a coulé. Et surtout, comme [cette fuite est due] à des canalisations abîmées, on enlève l'eau, il n'y a plus d'eau, donc plus d'eau chaude, donc plus de chauffage, une grande partie des bureaux du Louvre sont privés de chauffage. Et qu'est-ce qu'on a fait ? On a installé plein de petits radiateurs électriques, ce qui est très dangereux pour la sécurité incendie. Et il y a même eu, selon deux sources internes différentes, un début d'incendie dans un local syndical. Donc, on voit bien que le Louvre n'est pas géré. Ça va être très compliqué pour Christophe Leribault, quand il va arriver, de le faire. Il faut espérer qu'il va pouvoir se concentrer sur l'essentiel et laisser ce qui est anecdotique.
"Les collections françaises d'État ne sont pas assurées"
Céline Alonzo : Selon vous, est-ce qu'on peut espérer encore aujourd'hui de retrouver ces fameux bijoux qui ont été volés en octobre 2025 ?
Didier Rickner : Je n'ai pas de sources dans la police, j'ai beaucoup plus de sources dans le milieu de la culture et des musées. Mais oui, on peut espérer, parce que il y a eu d'autres cas. Par exemple un vol à Dresde il y a quelques années, où on avait volé ce même type de bijoux. On les a retrouvés trois ans après. Oui, je pense qu'on peut les retrouver s'ils n'ont pas été dessertis. La question est là : soit ils ont été dessertis, soit ils n'ont pas été dessertis. J'espère que non, parce que, une fois dessertis, ils n'ont plus beaucoup de valeur. Mais s'ils n'ont pas été déssertis, on les retrouvera peut-être.
Le problème aussi, c'est qu'ils n'étaient pas assurés. Les collections françaises d'État ne sont pas assurées. L'État est son propre assureur. On l'a eu pour Notre-Dame où il a tout payé. Non, je plaisante, il n'a rien payé, évidemment. Le Notre-Dame n'était pas assuré. C'est les donateurs qui ont payé pour Notre-Dame et pas l'État. Je n'ai jamais très bien compris pourquoi on vole ce genre d'objets. Mais il se trouve que des objets du même type ont été retrouvés non dessertis, et je j'espère qu'on va les retrouver.
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