Conflit en Ukraine : quelle influence sur notre facture de gaz ?

Au-delà du conflit en Ukraine, la Russie est-elle le principal fournisseur en énergie de l’Union Européenne, et donc de la France ?

Ukraine
Quelle influence sur le prix de l'énergie, du fait de la crise en Ukraine ? (AFP)

Notre facture de gaz peut-elle être impactée par le conflit en Ukraine ? Quelle menace plane sur le gaz et le pétrole en Europe ? La Russie est-elle à ce point le principal fournisseur en énergie de l’Union Européenne et de la France ?

Crise en Ukraine : une baisse des livraisons de gaz

"La Russie est en effet le premier fournisseur de l’Union Européenne en pétrole et en gaz. Mais aussi en charbon et en uranium, précise Thomas Pellerin-Carlin, chercheur et directeur du centre Énergie de l’institut Jacques Delors. On craint actuellement une possible hausse du prix du gaz et du pétrole en Europe. Il y a des inquiétudes du fait de la situation entre la Russie et l’Ukraine. Mais elles ne se sont pas encore concrétisées."

Les robinets pourraient-ils se fermer ? "Il faut savoir que la Russie a déjà beaucoup baissé ses livraisons de gaz à l’Union Européenne depuis l’automne dernier, souligne ce spécialiste de la politique européenne de l’énergie. C’est l’une des causes du prix du gaz en ce moment. Elle fournissait 40% du gaz en Europe, nous sommes déjà tombés à 25%. Une baisse a déjà eu lieu." La Russie dépend-elle de l’Europe de par ses livraisons ? "Nous, Européens, sommes leurs meilleurs clients sur les livraisons d’énergie fossile. Quand on met en place des sanctions économiques, nous nous faisons mal à nous-même pour faire mal à un adversaire géopolitique. Il y a dix ans, nous avions mis en place un embargo sur le pétrole iranien pour influer sur son programme nucléaire. Cela avait marché."

 

Prix du gaz : "L'hiver est quasiment fini"

Si jamais la Russie décidait de couper les livraisons de gaz, ou si l’Union Européenne mettait en place un embargo, les prix augmenteraient-ils encore ? "Heureusement, la bonne nouvelle est que l’hiver est quasiment fini, note Thomas Pellerin-Carlin. Du coup, si hausse de prix il y a, ce ne sera pas très pénible à court terme, mais plutôt pour l’hiver prochain." Une nouvelle flambée des prix est-elle inévitable ? "Nous allons plutôt rester sur des prix déjà très élevés."

Les Américains pourraient-ils en profiter pour nous vendre leur gaz de schiste à la place du gaz russe ? "En fait, ils le font déjà, et sont déjà au maximum. La Norvège a augmenté ses livraisons. Ensuite, ce sont des livraisons de gaz naturel liquéfié. Comme il s’agit d’un marché mondial, nous allons recevoir du gaz venant des États-Unis, mais aussi du Qatar, de l’Australie, de l’Algérie…"

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