Mali : la France poussée vers la sortie ?

La junte actuellement au pouvoir au Mali vient d’exiger que l’ambassadeur de France quitte le pays dans les 72 heures.

Plus d’une cinquantaine de soldats français sont tombés au Mali dans la lutte contre le terrorisme islamiste. Mais la tension monte avec la nouvelle junte au pouvoir, qui vient d’exiger que l’ambassadeur de France quitte le pays dans les 72 heures.

Un dispositif au Mali divisé par deux en un an

Pourquoi cette décision du Mali ? "Cette décision n’était pas forcément attendue, mais elle est assez logique, décrypte Mériadec Raffray, journaliste spécialiste des questions de défense. Ce week-end et la semaine précédente, les noms d’oiseaux ont volé entre Paris et Bamako par médias interposés. Jean-Yves Le Drian a redit qu’il estimait que la junte au pouvoir était illégitime."

"Depuis un an, le dispositif français au Mali a été à peu près divisé par deux. Nous y avons environ 2500 hommes, détaille-t-il. Personne ne sait de quoi l’avenir sera fait à Bamako. Il y a eu également des tensions verbales entre Florence Parly, notre ministre des armées, et Bamako. Le climat s’est politiquement fortement dégradé depuis le 23 décembre dernier, avec l’officialisation de l’arrivée des mercenaires russes de Wagner à Bamako."

 

"La rue malienne soutient le pouvoir militaire"

Les militaires au pouvoir ont en effet fait appel à Moscou. "Tout le monde sait que Wagner est épaulé par Moscou, vu que ce sont des avions de l’armée russe qui ont transporté ces hommes à Bamako, rappelle Mériadec Raffray. Pour Paris, c’est une déclaration de guerre politique. Et Poutine voulait sans doute aussi embêter Paris dans le contexte de l’Ukraine. C’est une problématique internationale. Entre l’Élysée et celui qui a pris le pouvoir, le colonel Goïta, le courant n’est jamais passé."

Que veulent les Maliens ? "Paris ne cesse de répéter que la junte est illégitime. Mais la rue malienne soutient le pouvoir militaire, estime-t-il. Elle en avait assez d’un gouvernement civil corrompu qui n’avançait pas. Elle veut la paix avec les islamistes du nord Mali. Pour Paris, afficher de façon évidente une négociation avec l’ennemi n°1 est impossible." Cela peut-il remettre en cause la présence militaire française sur place ? "Oui, je pense. C’est une mauvaise nouvelle pour la force Takuba, cet espèce d’outil qui illustrait pour Emmanuel Macron une capacité de défense européenne. Pour lui qui est à la présidence de l’union, c’est un véritable camouflet politique."

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