Mali : quel bilan pour les neuf ans de présence française ?

La France vient d'annoncer le retrait de ses troupes du Mali. Au regard du bilan humain et financier, le résultat peut sembler plutôt mitigé.

La France a annoncé son retrait total du Mali. Ce retrait des troupes du Mali était-il inéluctable ?

Une situation devenue intenable

"Il y a un contexte diplomatique très tendu, presque un bras de fer depuis quatre mois, estime Seidik Abba, journaliste et écrivain, spécialiste des questions africaines. Il a commencé depuis l’annonce en juin 2021 par le président Macron de la fin de l’opération Barkhane. Le gouvernement malien estimait ne pas avoir été associé à cette décision."

Était-ce devenu intenable pour les troupes françaises au Mali ? "Oui, il y avait des entraves dans la conduite des opérations. Notamment la décision des Maliens de soumettre les vols des aéronefs français à autorisation. Il était difficile de continuer dans ces conditions. Mais il était aussi possible de continuer à négocier."

La France ne part que du Mali

Il y a eu plus d’une cinquantaine de victimes dans les rangs des soldats français. Ces neuf années d’engagement sur le terrain ont-elles été utiles ? "Oui, cela a servi à quelque chose, juge l’auteur du livre Mali-Sahel, notre Afghanistan à nous ? (Éditions Impact), en librairie le 11 mars. Cela a créé les conditions d’une coopération sous-régionale en matière d'anti-terrorisme. Cinq pays du G5 Sahel travaillent ensemble. On peut inscrire cela dans la continuité de l’intervention Serval." Pour autant, "là où une armée comme la France n’a pas réussi à vaincre le djihadisme, avec tout son matériel et ses hommes, un millier de mercenaires, quels que soient les procédés, peuvent-ils y parvenir, être plus efficaces ? C’est un pari risqué."

Au final, cette opération extérieure aura coûté 8 milliards d’euros. Au regard du bilan humain et financier, le résultat peut sembler plutôt mitigé. "Heureusement, la France ne part pas définitivement. Elle ne part que du Mali, rappelle Seidik Abba. Elle reste au Sahel afin d’aider les pays. Si, aujourd’hui, elle décidait de se retirait entièrement, c’est clair que ce serait au bénéfice des groupes terroristes qui profiteraient de la faiblesse des États."

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