La Finlande et la Suède aux portes de l’OTAN

Suite à l'invasion de l'Ukraine par la Russie, Finlande et Suède ont décidé de quitter leur position d'État non-aligné pour rejoindre l'OTAN.

OTAN
Face à l'invasion de l'Ukraine par la Russie, Suède et Finlande veulent rejoindre l'OTAN. ( AFP)

Inquiètes d’une potentielle menace russe, la Finlande et la Suède abandonnent leurs positions de non-alignées pour demander à rejoindre l’OTAN.

Adhésions à l'OTAN : "Un échec stratégique pour la Russie"

"Ces candidatures sont la preuve qu’une agression ne paie pas", a déclaré le secrétaire général de l’OTAN. Ne compliquent-elles pas encore les relations entre les Européens et les Russes ? "Il est clair que, du point de vue de la Russie, c’est un échec stratégique, estime Guillaume Lagane, maître de conférences à Sciences Po et spécialiste des questions de défense et de relations internationales. En renonçant à une neutralité de deux siècles pour la Suède et plus de 50 ans pour la Finlande, c’est une nouvelle donne dans l’espace nordique."

"De fait, cela va compliquer les relations entre la Russie et les Occidentaux au sens large, estime-t-il. Depuis qu’elles sont rentrées dans l’Union Européenne, elles bénéficiaient de la clause de défense et de sécurité, l’article 42.7. Mais dans le contexte de la guerre en Ukraine, elles ont réalisé que sans garantie américaine, elles n’avaient pas de véritable garantie de sécurité." Quid de la position de la Turquie ? "Hier, M. Erdogan a fait des déclarations. Aux dernières nouvelles, le secrétaire général de l’OTAN a dit que cela ne poserait pas de problèmes. La Turquie va certainement chercher à obtenir des avantages, notamment des livraisons d’armes de Washington. Mais il serait étonnant qu’elle bloque l’entrée si l’ensemble des 29 autres États y sont favorables."

"Un éventail des sanctions est assez limité"

Quelles conséquences auront ces adhésions, notamment du côté russe ? "Elle a déjà annoncé qu’il y aurait des mesures de rétorsion technico-militaires, explique Guillaume Lagane. De ce que je comprends, il y a moins d’électricité russe à arriver en Finlande. Mais l’éventail des sanctions est assez limité. La menace utile serait l’intervention militaire, et ils ont déjà fort à faire en Ukraine. Je vois mal la Russie déclenchant une opération à la frontière avec la Finlande."

Faut-il craindre une escalade ? "C’est possible. La Russie a déjà annoncé déployer de nouveaux matériels à la frontière avec la Finlande. Notamment des systèmes anti-missiles. À ce stade, il faut rester prudent." Cela peut-il pousser la Russie à agir sur ses frontières nord ? "Pour elle, cela complique les choses. Une action contre la Finlande deviendrait une attaque contre l’Alliance dans son ensemble."

 

 

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