En ce 26e jour de combat au Moyen-Orient, les États-Unis auraient transmis un plan de paix en 15 points à l’Iran. Après avoir menacé de bombarder les centrales électriques si le détroit d’Ormuz n’était pas rouvert, et compte tenu des contreparties proposées dans le plan de paix par Donald Trump, il semble y avoir eu un effet : Téhéran a annoncé que les « navires non hostiles » pourraient emprunter cette route maritime.
L’annonce de Donald Trump évoquant un « très gros cadeau » concernant les hydrocarbures va évidemment dans le sens d’une réouverture du détroit, ce qui n’a pas manqué de faire baisser de près de 6 % les cours du pétrole à Tokyo.
Un démantelement total du nucléaire
Une grande partie du plan de paix concernerait le nucléaire iranien. Les demandes seraient multiples : l’Iran devrait démanteler ses capacités nucléaires existantes ainsi que ses installations à Natanz, Fordo et Ispahan, et s’engager à ne jamais réessayer de se doter de l’arme nucléaire. Il serait aussi dans l’obligation de rendre à l’Agence internationale de l’énergie atomique son stock d’environ 450 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 % et d’être totalement transparent sur ses actions en lien avec le nucléaire.
Fin de soutien au Hamas et au Hezbollah
Ce plan de paix contient également une dimension de limitation de l’influence iranienne au Moyen-Orient. Étant jusqu’alors le principal soutien du Hezbollah libanais, du Hamas palestinien et des rebelles houthis yéménites, grâce à des financements, l’objectif de Washington est d’endiguer cette influence iranienne dans la région. Selon les termes mentionnés par les médias, le pays devra « cesser de financer, de diriger et d’armer ses alliés régionaux ».
La quantité de missiles détenus par Téhéran et la portée de ses missiles font aussi l’objet d’un point du plan, qui sera traité « ultérieurement ». Ils devront être limités « à l’autodéfense ».
Un objectif marquant de ce plan de paix en 15 points est, à l’évidence, l’arrêt du blocage du détroit d’Ormuz, puisque 20 % des hydrocarbures mondiaux transitent par ce corridor maritime. Cela représente entre 13 et 14 millions de barils par jour, c’est colossal.
Une levée des sanctions en contrepartie
Afin que le plan de paix puisse être accepté par l’Iran, des contreparties sont mentionnées. Une levée des sanctions internationales serait mise en place, ainsi qu’un programme d’aide pour soutenir le programme nucléaire civil.
Trois points viennent largement contraster ce potentiel espoir. Du côté américain, la politique ambiguë, voire illisible, de Donald Trump se poursuit. Alors même que ce plan de paix est censé être mis en place, 3 000 parachutistes américains ont été déployés au Moyen-Orient. Ce déploiement a évidemment un coût financier, et la politique américaine menée depuis le début du conflit montre que l’envoi de renforts militaires n’est pas un moyen de dissuasion, mais bel et bien la confirmation d’une intensification des combats.
Ambiguïtés et contre-sens
De surcroît, la porte-parole du gouvernement, Karoline Leavitt, a déclaré, malgré les discussions en cours, que « l’opération Epic Fury se poursuit sans relâche afin d’atteindre les objectifs militaires fixés par le commandant en chef et le Pentagone ». Du côté d’Israël, aucune trêve n’a été évoquée.
Pour finir, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a affirmé ce matin sur la télévision indienne « qu’il n’y a ni pourparlers ni négociations entre l’Iran et les États-Unis ».
Alors, il est difficile de tirer une véritable conclusion puisqu’aucune des parties ne semble cohérente. Reste à savoir si ce plan de paix existe réellement.