Guerre en Ukraine : "L’armée russe ne prendra pas Kiev"

Constantin Sigov, directeur du centre européen de l’Université de Kiev, témoigne depuis la capitale ukrainienne.

L'invasion de l'Ukraine par la Russie se poursuit. Constantin Sigov, directeur du centre européen de l’Université de Kiev, est confiné dans la capitale ukrainienne.

Ukraine : "Nous avons cassé la peur de l'armée russe"

Quelle est la situation à Kiev ? "Nous sommes déjà à deux semaines de résistance, rappelle-t-il. Sur le plan militaire, je n’ai plus de doute : l’armée russe ne prendra pas Kiev. Elle est incapable de le faire, elle est démoralisée. La résistance de Kiev est devenue encore plus forte aujourd’hui. Cette nuit, nous avons entendu des bombardements massifs à 10 km de Kiev. Des villes sont prises. Malheureusement, les couloirs humanitaires ne sont pas encore contrôlés par les Occidentaux et La Croix rouge."

"Sur le plan général, j’ai l’impression que nous sommes en train de casser le mythe et la peur de l’armée russe, estime-t-il. À mon avis cela va loin. Parmi les nombreux prisonniers militaires russes, des soldats ont déjà été en Syrie. Si Poutine a déjà commencé à transporter par avion les forces de Syrie vers l’Ukraine, c’est qu’il est épuisé. Il est en colère. Son entourage servile lui avait dit que ce serait une guerre éclair. Nous en sommes déjà à deux semaines de résistance. Les sanctions vont plus loin, la Chine a commencé à bouger. L’entourage de Poutine est tétanisé par la peur."

"Plus de contact avec la centrale de Tchernobyl"

"Kiev est à 30 km de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Ce matin, nous avons appris que le système international de contrôle nucléaire n’a plus de contact avec la centrale de Tchernobyl, souligne Constantin Sigov, directeur du centre européen de l’Université de Kiev. Cela veut dire que, vraiment, nous sommes au bord du gouffre. Plusieurs centrales nucléaires sont occupées par l’armée russe de façon irresponsable. Ils n’ont pas de contrôle rationnel de la chose."

Pour autant, Vladimir Poutine a démenti le fait de tirer sur les centrales nucléaires. "Ils ont très clairement tiré sur l’institut de physique nucléaire. Et à Tchernobyl, occupé par l’armée russe, il y a des problèmes réels. Il faut les regarder en face. Toute l’Europe est au bord du gouffre."

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