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La guerre en Ukraine vue depuis la Russie

Depuis deux mois, Anne Nivat, grand reporter, sillonne la Russie pour une série de reportages publiés dans l’hebdomadaire "Le Point".

Russie
Des soldats ukrainiens fin octobre non loin de la ville de Bakhmut, dans la région de Donetsk, à l’est de l’Ukraine, envahie par la Russie. (c) AFP

Comment voit-on la guerre depuis la Russie ? Anne Nivat, grand reporter, est dans le pays et sillonne la Russie pour une série de reportages dans l’hebdomadaire Le Point.

Russie : "De nouveau, le règne de la débrouille"

Anne Nivat est sur place depuis deux mois, seule, sans interprète et sans fixeur. Elle a déjà connu la guerre en Tchétchénie et dans le Donbass. "J’ai vécu dix ans en Russie. Je ne suis pas la seule à y travailler. Différents médias sont accrédités. Il y a Le Monde, Le Figaro, beaucoup d’autres. Ce sont tous des médias de l’Occident collectif, comme dirait Poutine, hostiles au pouvoir du Kremlin. Néanmoins, nous avons des accréditations et nous pouvons travailler. Cela ne veut pas dire que c’est facile, mais ce n’est pas parce que c’est difficile qu’il ne faut pas le faire."

Comment la population, la classe moyenne, vit-elle cette guerre ? "Les sanctions, pour le moment, sont assez peu ressenties par le Russe moyen. Je voulais justement vérifier si c’était le cas ou pas. Ce sont plutôt les très riches, les oligarques, ceux qui sont sur les listes, qui en souffrent. Le Russe moyen, même celui qui a une Mercedes, parvient à avoir des pièces de rechange qui arrivent de la Chine, de l’Ouzbékistan, d’autres pays voisins de l’immense fédération de Russie qui ne sont pas sous sanctions. C’est de nouveau le règne de la débrouille. Cela ne veut pas dire que ces sanctions n’auront pas des conséquences dans quelques mois ou quelques années. On n’a pas anéanti l’économie russe en quelques mois."

 

"Le Russe moyen n’en pense pas moins"

La population russe est-elle derrière Poutine ? "Quand on parle aux Russes, on a une autre impression. Bien sûr, il y en a en faveur de cette guerre, d’autres qui ne le sont pas, explique Anne Nivat. Mais personne ne peut exprimer publiquement son désaccord au sujet de cette guerre et de la politique de Vladimir Poutine. Ils peuvent en parler en privé. C’est le retour des discussions secrètes au coin du feu. Cela ne veut pas dire que le Russe moyen n’en pense pas moins. Il a son propre avis."

Quelle est la situation au Donbass ? "D’un point de vue du droit international, la région où je me suis rendue appartient à l’Ukraine. Depuis l’Ukraine, il faudrait franchir la ligne de front, ce qui est impossible. La seule possibilité pour se rendre dans le Donbass annexé par les Russes est de passer par l’intérieur de la Russie. Aux yeux des Russes, cette guerre est justifiée, mais ils n’arrivaient pas à m’en expliquer les véritables motivations. Souvent, on m’a demandé comment les Français voyaient cette guerre. Ils se doutent que ce que dit la télévision d’État n’est pas la réalité. Souvent, en interview, j’ai dû raconter qu’il subsiste en France une curiosité positive, une grande ouverture vis-à-vis du peuple russe, mais qu’il y a une critique très forte du pouvoir russe du Kremlin."

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