Guerre en Ukraine : "Poutine doit être battu"

Témoignage de Constantin Sigov, actuellement à Kiev, alors que la capitale ukrainienne est presque encerclée par l’armée russe.

Les forces russes encerclent Kiev, la capitale de l’Ukraine. Constantin Sigov, philosophe et directeur du centre européen de l’Université de Kiev, s’y trouve toujours.

Guerre en Ukraine : "Il faut verrouiller le ciel"

Les forces russes encerclent-elles désormais entièrement la capitale ? "Pas totalement, témoigne-t-il. Mais nous avons encore eu des attaques massives, des bombardements, dans un quartier densément peuplé. Une bombe a frappé un bâtiment résidentiel de neuf étages. Trois étages ont brûlé. C’est dans le centre de Kiev."

"La mauvaise nouvelle de ce week-end est que l’armée russe a lancé une attaque à la roquette, près de la ville ukrainienne de Lviv, tuant 35 personnes, poursuit-il. C’est tout près de la frontière polonaise. Il est clair qu’il y a un réel danger que des roquettes touchent le territoire européen et de l’OTAN. Il faut verrouiller le ciel, assurer une défense aérienne et alourdir les sanctions pour aboutir à un cesser-le-feu. Au point où l’on en est, il doit être battu, ou il prendra ensuite les trois pays baltes."

"Une situation absolument asymétrique"

Vladimir Poutine aurait voulu frapper les renforts en armes et la logistique militaire. "Oui, c’est aussi une volonté d’imposer une zone d’exclusion aérienne au-dessus de notre pays", estime Constantin Sigov. Quelle est la situation sanitaire ? "Elle est très dure au nord de Kiev à Tchernigov, une ville complètement encerclée, sans eau ni électricité depuis très longtemps. J’ai reçu cette nuit un petit SMS d’un ami prêtre sur le front, venu de Rome pour être là."

"Je n’ai pas non plus dormi beaucoup cette nuit avec ce qui se passe à Marioupol, confie le philosophe et directeur du centre européen de l’Université de Kiev. Le fil conducteur de ce que nous sommes en train de vivre est le sort des personnes civiles dans cette guerre. Aucune personne sur le territoire russe n’a été tuée ou blessée, quand des milliers d’hommes, femmes et enfants ont été tués en Ukraine. C’est une situation absolument asymétrique."

 


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