Gibraltar, le (gros) caillou dans la chaussure de Theresa May pour le Brexit ?

Alors que les négociations sur le Brexit ont officiellement débuté entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, le statut particulier de Gibraltar est une donnée à prendre en compte.

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Ca y est, c’est parti. En déclenchant cette semaine la procédure du fameux article 50 pour sortir de l’Union européenne, le Royaume-Uni a mis fin à la première séquence post-Brexit, tout en en ouvrant une deuxième, qui s’annonce longue et fastidieuse. En effet, le Royaume-Uni et les instances de l’Union européenne ont maintenant deux ans pour se mettre d’accord sur les termes de la séparation. Or, les deux camps placent d’ores et déjà leurs pions en vue de ces négociations. Ce vendredi, le cas de Gibraltar a notamment été évoquée par les instances de Bruxelles.

Cédé par l’Espagne à la Grande-Bretagne en 1713, ce rocher de 7km² pour 32 000 habitants dépend de l’Espagne pour son approvisionnement mais aussi pour son économie spécialisée dans les services financiers et les jeux en ligne. Or, si 96% des électeurs de l’île avaient voté en juin 2016 pour rester dans l’Union européenne, Gibraltar se retrouve aujourd’hui lié au sort du Royaume-Uni. Mais selon un projet "d’orientations de négociations" présenté par Donald Tusk, président du Conseil européen, le cas gibraltarien pourrait impliquer une forme de dérogation.

Tusk souhaite que l’Espagne puisse valider l’accord avant de l’appliquer à Gibraltar

"Aucun accord entre l'Union européenne et le Royaume-Uni ne pourra s'appliquer au territoire de Gibraltar sans un accord entre le Royaume d'Espagne et le Royaume-Uni", est-il ainsi écrit dans ce texte présenté ce vendredi à La Valette (Malte). Si cette proposition implique donc un feu vert de l’Espagne aux conditions du Brexit, elle n’est bien entendu pas entérinée à l’heure actuelle. Les 27 États membres de l'UE devront en effet adopter ces "orientations", éventuellement amendées, lors d'un sommet européen le 29 avril à Bruxelles.

Pour rappel, l’Espagne avait formellement proposé en octobre dernier au Royaume-Uni une souveraineté partagée qui "permettrait à Gibraltar de rester dans l'Union européenne" après la sortie des Britanniques, une offre déjà soumise à référendum en 2002 et rejetée à l’époque. 


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