Catalogne : "C'est une impasse politique, mais le grand perdant, c'est M. Rajoy"

Manifestation de soutien au référendum indépendantiste à Barcelone, en octobre ©PIERRE-PHILIPPE MARCOU - AFP

Les élections en Catalogne ont accouché d'une situation encore confuse, où les indépendantistes, majoritaires en sièges, devront négocier un avenir qui reste flou.

L'avenir reste incertain. Au lendemain des élections en Catalogne, les indépendantistes sont majoritaires en nombre de sièges au Parlement régional. Pourtant, ils n'ont pas obtenu la majorité absolue.

"Les deux grands partis indépendantistes, dont les deux présidents sont, l'un en exil, l'autre en prison, vont devoir négocier avec le parti anti-système" pour arriver à cette majorité absolue, a expliqué Christine Bouillot, envoyée spéciale pour Sud Radio à Barcelone.

"Une impasse politique", donc, en attendant le résultat de ces tractations "qui s'annoncent extrêmement complexes".

Une seule certitude, toutefois, c'est que "le grand perdant de cette élection, c'est Mariano Rajoy" : "C'est lui qui met la région sous tutelle en déclenchant l'article 155. C'est lui qui provoque ces élections. Elles ont été organisées par Madrid et son parti n'obtient que trois sièges alors qu'il en avait onze dans la mandature précédente. Aujourd'hui, Mariano Rajoy, qui ne s'est pas encore exprimé, va devoir dire ce qu'il compte faire. C'est une énorme claque, tout le monde le reconnaît. Il pensait, avec cette élection, couper l'herbe sous le pied des indépendantistes qui sortent malgré tout confortés."

"Il va falloir aussi sortir de cet article 155 pour que la Catalogne retrouve son autonomie, comme le prévoit la Constitution, a poursuivi Christine Bouillot. Si les indépendantistes au pouvoir disent qu'ils veulent continuer vers une indépendance, ils seront toujours sous tutelle. Il va falloir trouver une voie médiane dans la négociation. Et aussi se demander ce que va devenir Carles Puigdemont. Est-ce qu'il va rester en exil ? Est-ce que l'autre président va rester en prison ou être libéré ?"

Un flou qui fait les affaires de "tous les partis indépendantistes européens", qui "disent à Bruxelles qu'il y a des mouvements indépendantistes très forts en Europe et qu'il va falloir les entendre".

On le voit, "le problème catalan n'est absolument pas réglé ni en Catalogne, ni en Espagne et encore moins en Europe".

Écoutez Christine Bouillot, envoyée spéciale Sud Radio à Barcelone, dans le Grand Matin Sud Radio, présenté par Patrick Roger et Sophie Gaillard

 

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