Canicule en Antarctique : "C’est vraiment cataclysmique"

Une température de -11,5°C vient d’être relevée non loin du Pôle Sud. On peut véritablement parler de canicule.

Antarctique
Une canicule inédite mesurée en Antarctique. (Crédit : Pixabay)

Des scientifiques ont enregistré des températures supérieures de 40% par rapport aux températures de saison dans l’Antarctique. Du jamais vu dans l’histoire du continent le plus froid au monde.

Des températures 30 à 40°C au-dessus des normales

"C’est un événement alarmant, une canicule dans l’Antarctique, confirme Heidi Sevestre, glaciologue, membre de The Explorers Club. On parle d’une augmentation de température 30 à 40°C au-dessus des normales de cette saison. Les changements climatiques que l’on observe au niveau polaire sont beaucoup plus rapides que sur le reste de la planète. Or, notre avenir dépend directement de ces régions. On a besoin que ces régions restent des régions froides et glacées. Plus elles se réchauffent et se dégèlent, plus cela nous affecte directement."

Comment expliquer un tel phénomène ? "Cela risque de se produire de plus en plus souvent, on appelle cela un dôme de chaleur. C’est une sorte de rivière atmosphérique de masses d’air chaudes et humides qui se sont retrouvées bloquées au-dessus de l’est de l’Antarctique. On parle d’une des régions les plus froides et les plus sèches au monde. Cela a piégé de la chaleur pendant quelques jours sur cette partie de l’Antarctique."

 

Canicule en Antarctique : "Cela devrait alerter tout le monde"

Faut-il rapprocher cela du réchauffement climatique ? "Il ne faut pas tirer de conclusions hâtives par rapport à un événement extrême qui a duré quelques jours tout au plus, estime Heidi Sevestre. Aujourd’hui, on sait que les régions polaires sont extrêmement sensibles au dérèglement climatique. On y mesure de plus en plus de phénomènes extrêmes telle que cette canicule mesurée vendredi dernier. Un événement de ce type devrait alerter absolument tout le monde. La communauté scientifique est au-delà de taper sur la table ou publier des rapports de plus en plus alarmants."

Que demandent les scientifiques ? "Ce que l’on veut, ce sont des actions, le plus vite possible. La réduction globale et efficace des émissions d’effets de serre, et continuer de faire de la recherche dans ces régions. Il doit y avoir dix fois plus de stations météo en France qu’en Antarctique, qui fait environ 23 fois la taille de la France. Ces mesures ont été prises sur une station opérée par la France, la base Concordia, une base franco-italienne, à 3.200 m d’altitude dans l’est de l’Antarctique. Ce que l’on a mesuré à Concordia vendredi dernier, c’est comme si on avait 40 à 50°C à Paris au mois de mars. C’est vraiment cataclysmique."

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