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Philippe Risoli : "On veut refaire les jeux de l'époque, mais sans les moyens de l'époque"

INTERVIEW SUD RADIO - Philippe Risoli, ancien animateur de télé, était au micro de "Sud Radio Média" ce vendredi 27 mars 2026 pour évoquer la sortie de son livre : Jamais trop tard ! - Mes années télé... et les autres (Éditions L'Archipel).

Ancienne figure emblématique des jeux télévisés, Philippe Risoli porte un regard lucide sur son parcours et l’évolution du paysage audiovisuel. Entre souvenirs du "Juste Prix" et analyse du retour en force des formats cultes, l’animateur évoque un métier profondément transformé, où les contraintes budgétaires ne permettent plus toujours de recréer la magie d’antan.

Philippe Risoli : "Je crois que c'est un petit don que j'ai, je sais faire parler les gens"

Valérie Expert : Qu'est ce qui vous plaisait dans le métier d'animateur ?

Philippe Risoli : D'abord, il y a le contact avec les gens, le contact humain. Et encore, je n'ai pas eu toutes les libertés que je que je souhaitais à cette époque-là, sinon je serais allé beaucoup plus loin. Par exemple, pour "Le Juste Prix", qui a été une des émissions phares de ma carrière, dont on me parle très souvent, j'ai eu longtemps les Américains sur le dos, qui venaient sur le plateau.

Valérie Expert : Le théâtre, c'est un nouveau métier pour vous ?

Philippe Risoli : Ah oui, complètement. Les règles sont totalement différentes. On est face au public, mais sans le voir. C'est une grosse différence. Dans l'animation, vous le voyez, vous lui parlez, vous le regardez dans les yeux. Le public, c'est le quatrième mur, comme on dit au théâtre, donc vous n'êtes pas censé le voir. Mais il faut apprendre à tenir son verre d'une main et pas de l'autre, la façon dont vous vous déplacez… Tout ça, je l'ai appris en vitesse accélérée.

Et puis, vous savez, c'est une question de personne, une question de personnalité. Vous avez des gens qui rentrent sur scène - ils occupent l'espace ! On ne sait pas pourquoi, c'est inné. Et puis vous avez les autres, ils peuvent faire des claquettes toute leur vie, ils ne seront jamais Fred Astaire…

Mais l'interaction avec le public m'intéresse. Vous savez, là, il y a un livre qui sort, Jamais trop tard ! - Mes années télé… et les autres. Je vais faire des salons du livre. Mais je reste des heures à parler avec le public, parce que découvrir les gens… Je suis venu en taxi, le gars m'a raconté sa vie ! Je crois que c'est un petit don que j'ai, je sais faire parler les gens.

"Dans 'Le Juste Prix', il faut absolument que les cadeaux vous fassent rêver et que la vitrine vous fasse rêver"

Gilles Ganzmann : Comment expliquez-vous le revival des jeux de La Roue de la Fortune, d'Une Famille en Or, du Bigdil ? Pourquoi cette nostalgie ?

Philippe Risoli : Ce sont des marques fortes qui ont marqué toute une génération, Ce sont en plus des marques festives. On est dans un monde très légèrement perturbé quand même en ce moment. Et là, c'est bon enfant. "Le Juste Prix" et "La Roue de la Fortune", ce sont des jeux à la fois assez simples, même si au fond, il y a quand même un petit peu de stratégie. La seule chose, on veut refaire les jeux de l'époque, mais sans les moyens de l'époque. Quand vous faites "Le Juste Prix", le but c'est de remporter une vitrine. Et de remporter, au passage, des cadeaux. Et avec une ambiance. Donc, il faut absolument que les cadeaux vous fassent rêver et que la vitrine vous fasse rêver. Je ne dis pas que c'est cheap sur M6 en ce moment, je dis que ça ne correspond pas tout à fait au niveau des cadeaux.

Gilles Ganzmann : Auriez-vous accepté si on vous le proposait ?

Philippe Risoli : Non, non, c'est fini pour moi, "Le Juste Prix", la page est complètement tournée. Le seul truc qui aurait pu m'amuser, c'est si on m'avait proposé un one-shot, une spéciale. Là, je me serais éclaté comme un malade ! Si c'était une spéciale du "Millionnaire" ou d'un jeu ressemblant, ou un truc comme ça. Un truc où je peux faire à la fois du stand-up, ce que j'aime, et interviewer. Mais sur une émission, un grand show. Oui, ça me plairait. Mais je ne veux plus faire d'émission récurrente. Et puis, "Le Juste Prix", je l'ai tellement fait, je connais le moindre détail, c'est fini… Mais je pense qu'il faut vraiment respecter les formats tels qu'ils ont été écrits.

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