Sans droit de regard des candidats aux municipales de Paris sur le montage final, le réalisateur revendique une liberté éditoriale totale pour montrer les coulisses de la campagne. Une plongée inédite qui, selon lui, éclaire les dynamiques politiques actuelles et esquisse déjà les rapports de force en vue de 2027. Son documentaire, "Paris à prendre", sera diffusé le mardi 24 mars 2026 à 21 heures sur Paris Première.
Alex Darmon : "De mémoire, aucun candidat ne m'a demandé d'enlever des images"
Valérie Expert : Comment obtenient-on les accords des différentes têtes de liste pour un documentaire comme celui-là ?
Alex Darmon : Cela prend du temps, parce que tous les candidats n'étaient pas déclarés quand on a eu cette idée en décembre 2025 : Sarah Knafo, par exemple, on ne savait pas si elle allait y aller. Et puis, à partir du moment où certains vous disent "oui", vous prenez votre risque, et vous vous dites "j'y vais". Et s'il y en a qui vous disent "non", ils diront "oui" pendant la campagne, au fil du temps, parce qu'il y aura des images des autres candidats et que je serai partout avec mon équipe.
Gilles Ganzmann : Les candidats ont-ils un droit de regard sur le futur documentaire ?
Alex Darmon : Ils n'ont aucun droit de regard sur le documentaire. Le documentaire sera diffusé mardi soir. Donc, je pense que lundi, les candidats à la mairie de Paris auront autre chose à faire, ils seront fatigués. Ils découvriront, comme tout le monde, le montage final. Ensuite, dans l'accord qu'on a signé, les candidats ont un droit de rétractation sur les images qu'on avait tournées, et ce, pendant une journée et demie après le tournage. Mais, de mémoire, aucun candidat ne m'a demandé d'enlever des images.
"Je pense que cette campagne des municipales à Paris sera une perspective pour 2027"
Gilles Ganzmann : Cette campagne vous a-t-elle donné une bonne ou une mauvaise image des politiques ?
Alex Darmon : Je ne suis pas la bonne personne pour vous répondre parce que la politique, j'adore ça, et j'y crois encore.
Valérie Expert : Au sein d'une bonne partie de la société il y a un dégoût de la politique…
Alex Darmon : Je l'entends, ça a été compliqué ces dernières années. J'avoue que cette campagne à Paris m'a surpris, car elle représente vraiment ce qui se passe dans le paysage politique. Vous avez des gens qui ont dit qu'ils ne feraient pas alliance, c'est une vraie rupture. Et je pense que cette campagne des municipales à Paris sera une perspective pour 2027 - il y a des choses qui se sont passées qui ne pourront pas rester oubliées. Cela m'a-t-il donné une bonne image des politiques ? Objectivement, oui.
Valérie Expert : Le fait qu'il y a le décompte du temps de parole, c'est très, très compliqué…
Alex Darmon : C'était aussi une condition des candidats pour les voir autrement. Si on avait diffusé le documentaire avant [le vote du second tour], on n'aurait pas ce qu'on a eu, parce qu'ils savent que ça passe après. Et donc, ils se lâchent. Et la caméra, ils l'adoptent. Ils savent que la campagne sera passée et que ça ne pourra rien changer pour eux. On aura vu les coulisses, et c'est ça qui sera intéressant.
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