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Lilya Melkonian : "On a voulu raconter la méthode Pfizer"

Par Jean Baptiste Giraud

La journaliste Lilya Melkonian était l'invitée de Valérie Expert et Gilles Ganzmann sur Sud Radio le 4 mai 2023 dans "Le 10h - midi".

Lilya Melkonian
Lilya Melkonian, invitée de Valérie Expert et Gilles Ganzmann dans "Le 10h - midi" sur Sud Radio.

Le 4 mai 2023 à 23h00, France 2 diffuse "Complément d’enquête : Pfizer : qui a peur du grand méchant labo ?", une enquête réalisée par Lilya Melkonian.

 

Lilya Melkonian : "L’absence de feu vert de Pfizer ne nous a pas empêché de travailler"

Comment est venue l’idée de cette enquête ? "La première question qu’on se pose, c’est : ‘qu’est-ce qu’on veut raconter ? sur quelle piste veut-on aller ?’. Les premières semaines de l’enquête, on lit beaucoup de choses, les articles qui sont déjà sortis, les reportages qui ont déjà été faits, les chiffres, les communiqués de presse, ainsi que les réseaux sociaux pour voir ce qui interroge les gens. Au fur et à mesure de la réflexion éditoriale on décide, avec la rédaction en chef, qu’on veut raconter la méthode Pfizer", a répondu Lilya Melkonian.

 


Comment Lilya Melkonian et son équipe ont-ils procédé pour obtenir toutes ces révélations qui sont faites dans le documentaire ? "Ce n’était pas évident de les rassurer et les encourager à parler. On a contacté beaucoup d’anciens de Pfizer ainsi que certains salariés actuels, qui ont accepté de nous donner quelques informations, des pistes d’enquête, notamment sur l’optimisation fiscale. On s’est servi de ces gens comme des sources. Mais de là à les convaincre de témoigner devant la caméra, non. Quand on fait carrière dans un grand laboratoire, on a l’ambition ensuite d’aller dans un autre laboratoire. Et si on est celui que révèle, qui dénonce ou qui parle, on n’a pas envie de lui dans ce milieu-là. Ce n’était pas évident d’avancer sans le feu vert de Pfizer. Mais ça ne nous a pas empêché de travailler."

"Les méthodes de Pfizer sont à la limite de l'éthique"

Pfizer a fait du lobbying auprès de l’État allemand pour empêcher la levée des brevets sur les vaccins contre le Covid-19. "En cherchant des traces écrites de lobbying, on les a trouvés non pas à Bruxelles mais en Allemagne. Pfizer a régulièrement envoyé des mails à Angela Merkel, mais aussi à son ministre de l’Économie, pour dire : 'il ne faut surtout pas lever les brevets'. Au-delà des éléments de langage de Pfizer, ce qui m’a frappé, c’est que Pfizer s’adresse directement à la chancelière allemande".

 


L’enquête de Lilya Melkonian révèle aussi que Pfizer a testé un antibiotique contre la méningite sur une centaine d’enfants au Nigéria sans obtenir le consentement des parents, en prétextant qu’ils étaient de toute façon analphabètes et ne pouvaient pas donner leur accord. "Même dans le cas où les parents sont analphabètes, il y a des procédures très claires dans le milieu des laboratoires pour recueillir le consentement des parents. Cela peut être une empreinte digitale qui peut être apposée avec la signature du traducteur à côté, tout ça est très règlementé. Même dans ce cas de figure, ils auraient pu recueillir le consentement des parents, cela n’a pas été le cas. Globalement, ils se sont dit : ‘c’est une opportunité de tester cet antibiotique’. Quand le scandale a éclaté, ils ont signé un accord avant qu’il y ait eu un procès. Pfizer a accepté de payer 15 millions de dollars aux familles et à l’État nigérian pour pas qu’il y ait eu de procès."

Alors, peut-on dire que Pfizer est un labo voyou ? "Je n’irai pas jusqu’à qualifier ce labo de voyous, mais ils ont des méthodes qui, parfois, sont à la limite de l’éthique. Ils ont d’ailleurs été condamnés pour certains des faits", a répondu Lilya Melkonian.

 

 

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Retrouvez “L'invité média” de Gilles Ganzmann chaque jour à partir de 10h00 dans le 10h - midi Sud Radio avec Valérie Expert.

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