"Si la grève générale a lieu, tant mieux !" estime Alexis Corbière

Alexis Corbière, député LFI de Seine-Saint-Denis et vice-président du groupe LFI à l'Assemblée nationale, était l'invité du “petit déjeuner politique” sur Sud Radio.

Coupe du monde Alexis Corbière
Alexis Corbière, interviewé par Benjamin Glaise sur Sud Radio, le 18 novembre, dans "L'invité politique".

Marche contre la vie chère le 16 octobre, grève interprofessionnelle mardi 18 octobre : y a-t-il une convergence des colères ? Alexis Corbière a répondu aux questions de Patrick Roger.

Alexis Corbière : "Si la grève générale a lieu, tant mieux !"

Un compromis a été trouvé entre TotalEnergies et 2 syndicats sauf la CGT, qui parle de mascarade. "Si les organisations syndicales qui sont les plus représentatives de ceux qui sont en grève disent non, il faut les écouter", estime Alexis Corbière. Pour lui, "ce qui compte, c'est la réalité des gens qui ont créé ce nouveau rapport de force, cette nouvelle ambiance. Des groupes font des sur-profits, comme Total qui a fait en 6 mois 18 milliards de bénéfices. Le patron s'augmente de 52% et reverse un bonus à ses actionnaires de 2,9 milliards. Ce simple bonus aurait pu permettre de verser à chaque salarié 26.000 euros. Les salariés disent à raison : 'il est temps de nous augmenter'. On ne les entend pas, ils se mobilisent. Je suis à leurs côtés, solidaire".

"Dans beaucoup d'autres secteurs, beaucoup se disent que c'est le moment, souligne Alexis Corbière. Ils ont aussi le sentiment d'être mal payés. Il y a de l'inflation, des boîtes qui profitent de la situation". Sandrine Rousseau appelle à la grève générale. "Les grèves deviennent un jour LA grève", explique le député. "Ce n'est pas Sandrine Rousseau ni moi qui amenons à ce que des salariés rentrent en grève. Si la grève générale a lieu, tant mieux ! Si elle permet de mettre dans un moment de tension politique un autre rapport de force, c'est bien. Pour que ceux qui travaillent puissent être mieux payés, qu'il n'y ait pas 8 millions de gens sous le seuil de pauvreté, qu'il n'y ait pas autant d'inégalité". Certains redoutent qu'un mouvement social généralisé fragilise la France. Mais pour Alexis Corbière, "ça peut être l'inverse !"

Marche contre la vie chère du 16 octobre : "On est rassemblés, il n'en manquera aucun !"

Concernant la marche "contre la vie chère" de dimanche 16 octobre, "tout le monde est le bienvenu !, affirme Alexis Corbière. "On est rassemblés, il y a une trentaine d'organisations. Même au PC, ils viennent, ils sont heureux d'être là. Le PS sera là aussi, au premier rang. Il n'en manquera aucun !", se réjouit le député. "La journée de dimanche est une étape, ce n'est pas la journée qui va tout changer mais elle peut être une accélération des choses, une force populaire. On s'attend à des dizaines de milliers de participants. 30.000 personnes, ce serait déjà pas mal !" Dans ce contexte de pénurie de carburant, "pour les bus prévus, on va se débrouiller ! Certaines compagnies privées ont de l'essence. On sera pénalisés d'un certain point de vue mais boostés de l'autre".

Y a-t-il une crainte de débordements ? "Il ne les faut pas !, reconnaît Alexis Corbière. Notre force c'est notre nombre. Ceux qui cassent, qui font que le soir, la seule lecture est d'expliquer que nous sommes des violents, de mon point de vue, ils ne nous aident pas. On veut de la dignité, augmenter le salaire, une juste répartition, pas d'autoritarisme contre le monde du travail. Pas de rallongement de l'âge de départ à la retraite, pas de 49-3". Sur l'utilisation du 49-3 par le gouvernement, le député estime que si "c'est constitutionnellement possible, c'est politiquement faux. Le parlementarisme est ce qu'il y a de mieux démocratiquement. On vote pour des hommes et des femmes qui discutent. La photographie de l'Assemblée doit ressembler à toutes les sensibilités du pays".

 

 

 

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