Retraites : "Le pays va être bloqué, ce ne sera pas de notre faute" affirme Marine Tondelier (EELV)

Marine Tondelier, secrétaire nationale d'Europe Écologie-Les Verts (EELV), était “L’invitée politique” sur Sud Radio.

Marine Tondelier
Marine Tondelier, interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio, le 13 janvier, dans “L’invité politique”.

Mobilisation contre la réforme des retraites, l'Assemblée est-elle une ZAD, criminalisation du mouvement écologiste, EPR, Adrien Quatennens, uniforme à l'école : Marine Tondelier a répondu aux questions de Patrick Roger.

Retraites : "Le pays va être bloqué, ce ne sera pas de la faute ni des écologistes, ni du mouvement social"

La réforme des retraites entraînera-t-elle un bloquage du pays ? Marine Tondelier évoque un sondage du Figaro, "qui montre que 61% des Français qui pensent que si on arrive à un blocage, ce sera la faute du gouvernement". Pour elle, "c'est toujours dans ce sens-là qu'il faut se poser la question". "Lors de ses vœux du 31 décembre, Emmanuel Macron nous invite à être unis et solidaires. Or ce sont deux adjectifs qui ne caractérisent pas sa réforme".

"On est dans un moment de tension extrême, avec la crise énergétique et sociale", rappelle la secrétaire nationale d'EELV. "Qu'il s'entête sur cette réforme, c'est évident que ça va se terminer comme ça ! On parle des blocages des raffines qui embêteraient les Français, mais la réforme de la retraite va embêter les Français tous les jours !" "On s'en prend toujours dans ce pays aux plus faibles, depuis des années. Ça ne peut plus durer ! Le pays va être bloqué, ce ne sera pas de la faute ni des écologistes, ni du mouvement social".

"Face au front uni, ça va être beaucoup plus difficile pour le gouvernement d'essayer d'embrouiller"

Le parti EELV s'associe-t-il de façon claire à la mobilisation contre la réforme des retraites ? "Ma réponse va étonner, c'est oui, c'est évident, on ne se pose pas vraiment la question affirme Marine Tondelier. Elle confie être "très émue qu'une intersyndicale se soit constituée, ce qui n'est pas arrivé depuis 2008". Pour elle, "c'est que l'heure grave, qu'il y a des choses importantes à déféndre. C'est un très bon signal. Le fait que nous soyons soudés, unis, solides, solidaires, ensemble dans la rue crée un vrai rapport de force pour le gouvernement. Il y a un front uni, ça va être beaucoup plus difficile pour eux d'essayer d'embrouiller le truc à la fin".

Marine Tondelier assure avoir "du mal à envisager de manière sereine" sa retraite "dans 30 ans, dans un monde à +4 degrés". "Comme au tennis, on est en train d'être baladés en fond de court à défendre notre modèle social menacé par les réformes successives de ce gouvernement. On a l'attention là-dessus mais je veux qu'on la garde sur le climat. Si on ne le sauve pas, à +4 degrés en 2060 on sera en train de s'organiser pour que tout ne s'effondre pas". "On essaie de faire la convergence des luttes entre les mouvements sociaux et les jeunes pour le climat". Elle évoque l'émission prévue lundi 16 janvier, avec notamment Philippe Martinez, "vieux syndicaliste à moustache". Qui est selon elle "l'emblème des mouvements sociaux".

 

"Oui, l'Assemblée nationale est devenue une zone à défendre"

Marine Tondelier, qui a affirmé que "l'Assemblée nationale doit être une ZAD", précise la signification du sigle. "Oui, l'Assemblée nationale est devenue une 'zone à défendre', y compris sur le plan démocratique". "La majorité a organisé beaucoup d'obstruction parlementaire, souligne-t-elle, notamment lors des textes présentés par LFI sur la corrida". "Quand le gouvernement revendique de choisir un projet de loi de financement de la Sécurité sociale rectificative, car ils peuvent verrouiller les débat. Quand on peut finir par faire par ordonnance ce qui n'a pas été voté, ou que le 49-3 a été utilisé plus de 10 fois depuis le début du mandat". "Oui, l'Assemblée nationale est devenue une 'zone à défendre' et ce n'est pas ma faute à moi !"

Marine Tondelier dénonce sur le sujet une manipulation politique. "La présidente de l'Assemblée nationale, les ministres, ont coupé ostensiblement l'extrait pour ne laisser que cette phrase". La suite de sa phrase était "dans le respect du règlement intérieur". "J'ai travaillé à l'Assemblée nationale et au Sénat, j'ai toujours été dans le respect. Il y aura beaucoup de détermination, nous combattrons pied à pied cette réforme. Notre devoir est de le faire et c'est le sens de l'histoire", prévient-elle. "85% des Français rejettent massivement le fait de travailler plus longtemps, il faut les défendre. Ce n'est pas de l'obstruction !"

 

 

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