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Réforme des retraites : utiliser le 49.3 serait "un acte de despotisme", affirme Sandrine Rousseau

Par Jean Baptiste Giraud

S’il avait les votes nécessaires, Emmanuel Macron, "ne menacerait pas de dissolution" l’Assemblée nationale selon Sandrine Rousseau, députée EELV de Paris. Elle était “L’invitée politique” sur Sud Radio. 

Sandrine Rousseau RSA
Sandrine Rousseau, interviewé par Jean-Jacques Bourdin sur Sud Radio, le 22 septembre 2023, dans “L’invité politique”.

La journée du 16 mars 2023 est marquée par le vote final sur la réforme des retraites, qui crispe débats et tensions dans toute la France. Emmanuel Macron menace l'Assemblée nationale de dissolution, et ne s'interdit pas l'utilisation de l'article 49.3 de la Constitution. Sandrine Rousseau a répondu aux questions de Patrick Roger.

 

Réunion de la CMP sur la réforme des retraites : "C’était impressionnant de déconnexion et de huis clos"

La réforme des retraites a continué son processus parlementaire le 15 mars 2023 en Commission Mixte Paritaire (CMP). Un accord a été trouvé, à huis clos. "C’était surréaliste, c’était vraiment lunaire", affirme Sandrine Rousseau, députée EELV et présente en tant que suppléante. "On avait l’impression que rien de ce qui se passait dans le pays ne perturbait les débats de cette salle."

Elle tient à souligner que les députés Renaissance et Les Républicains "étaient main dans la main, dans une espèce de lune de miel qui était presque touchante et émouvante". Les députés sont "complètement déconnectés de la colère qui s’exprime dans la rue."

La députée EELV de Paris rappelle que les Français ne veulent pas de la réforme des retraites, et tout particulièrement du report de l’âge légal de départ. "Tous les sondages montrent à quel point la mobilisation contre cette réforme ne diminue pas. Les gens ne veulent pas !"

Elle juge que "ce cri de la rue n’est pas du tout rentré dans la salle", mis à part à la suite de l’expression de l’opposition lors de la CMP. "C’était impressionnant de déconnexion et de huis clos, en réalité."

Menace de dissolution de l'Assemblée nationale : "Si les LR se font intimider par ça, c’est qu’ils se font acheter"

Le vote du texte aura lieu ce jeudi 16 mars 2023. Mais Emmanuel Macron et Élisabeth Borne sont loin d’être certains d’une issue favorable. Au point que la menace du 49.3 revient sur le devant de la scène. Le président de la République peut en effet décider de le dégainer jusqu’à 14h59, le 16 mars 2023. "Je pense qu’il compte, qu’il compte, qu’il compte… et qu’il n’a pas tout à fait le nombre de députés qu’il faudrait pour atteindre la majorité", analyse Sandrine Rousseau. "Faute de quoi, il arrêterait de compter."

S’il avait les votes nécessaires, "il ne menacerait pas de dissolution" l’Assemblée nationale, estime la députée de Paris. "J’ai vu que la menace de dissolution revenait." Une menace qu’elle juge "insupportable". "C’est vraiment le truc de ‘vous allez être punis si vous votez pas bien’" alors que, rappelle-t-elle, les députés ont le libre choix du vote. "On a quand même le droit de voter contre une réforme si on la juge injuste et dangereuse."

La menace de dissolution ne fait pas peur à Sandrine Rousseau. "Allons-y, refaisons campagne, il n’y a pas de problèmes", lance-t-elle à l’attention du président de la République. "Ce n’est pas comme ça que vous nous intimiderez."

Pour elle, "si les LR se font intimider par ça, c’est qu’ils se font acheter. C’est tout."

L'utilisation du 49.3 pour faire passer la réforme des retraites sera "une provocation" et même "un acte de despotisme"

La possibilité d’utiliser l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter, sans vote, la réforme, n’est pas exclue. Bien qu’Emmanuel Macron ait déclaré à plusieurs reprises qu’il préfèrerait un vote. Pour une partie des opposants à la réforme des retraites, l’utilisation d’un 49.3 serait une provocation. Un avis partagé par Sandrine Rousseau. "Oui, ce sera une provocation, ce sera un acte d’autoritarisme. Ce sera même un acte de despotisme, je le dis !"

"Il y en a marre de ces 49.3", explique la députée EELV. "On ne gouverne pas la France comme ça." La réforme des retraites, qui "n’a aucune espèce de raison d’être", ne serait in fine là "que pour satisfaire l’égo d’un homme qui s’appelle Emmanuel Macron".

Le Président aurait l’intention, par cette réforme, de marquer son mandat. "Si vraiment Emmanuel Macron veut marquer son mandat, qu’il se fasse un monument quelque part en France, et qu’il construise son monument."


Retrouvez "L’invité politique" chaque jour à 8h15 dans le Grand Matin Sud Radio avec Patrick Roger.

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