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Nicolas Mayer-Rossignol : "avec Glucksmann nous avons un candidat capable de gagner de la Présidentielle"

Par Aurélie Giraud

ENTRETIEN SUD RADIO - La candidature de Raphaël Glucksmann à la Présidentielle 2027 : Nicolas Mayer-Rossignol, maire (PS) de Rouen, président de la Métropole Rouen Normandie, était “L’invité politique” sur Sud Radio.

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Nicolas Mayer-Rossignol, interviewé par Jacques Cardoze sur Sud Radio, le 24 août 2026, dans “L’invité politique”.

Candidature de Raphaël Glucksmann à la Présidentielle 2027 : "enfin une candidature qui peut faire gagner la gauche". Au micro de Sud Radio, Nicolas Mayer-Rossignol a répondu aux questions de Jacques Cardoze.

Présidentielle 2027 : "Jean-Luc Mélenchon a à la fois un plafond et un plancher"

Jacques Cardoze : Nicolas Mayer-Rossignol, numéro 2 du PS, maire de Rouen, président de la Métropole, soyez le bienvenu. Vous êtes à la fois principal opposant d’Olivier Faure, qui est, d’une certaine façon, votre patron. Vous avez essayé de lui ravir le poste de premier secrétaire deux fois, vous n’y êtes pas parvenu. Mais vous soutenez Raphaël Glucksmann. Voilà qui illustre bien les débats qu’il y a du côté de votre famille politique. C’est quand même compliqué de s’y retrouver.

Nicolas Mayer-Rossignol : "Oui, mais en réalité, c’est assez simple. Est-ce qu’on veut que la gauche gagne l’élection présidentielle ou qu’elle fasse l’impasse sur l’élection présidentielle ? C’est ça, la vraie question. Si on pense que la gauche a déjà perdu l’élection présidentielle, alors effectivement, il n’y a plus rien à faire. Nous, ce que l’on regarde, c’est : qui peut gagner l’élection présidentielle ?"

Jacques Cardoze : Et vous pensez que vous êtes bien partis avec le nombre de candidats qu’il y a actuellement ?

Nicolas Mayer-Rossignol : "Ce que je vois, franchement, c’est que depuis maintenant assez longtemps, mais il y a un changement depuis hier, puisqu’il y a eu une déclaration officielle de candidature de Raphaël Glucksmann, il y a deux personnes à gauche qui se détachent objectivement. Et ce n’est pas moi qui le dis, ce sont tous les sondages, toutes les études."

"Jean-Luc Mélenchon, et je dis ça sans aucune acrimonie, toutes les études montrent que, je dis cela d’une formule, il a à la fois un plafond et un plancher. Plancher, ça veut dire qu’il a un socle électoral, avec une équipe, un programme, une vision. Mais plafond parce qu’en aucune circonstance il ne gagne l’élection présidentielle. D’ailleurs, ça fait trois fois qu’il est candidat, trois fois qu’il a perdu. Et là, c’est encore pire : c’est même l’une des personnalités les plus détestées des Français."

Jacques Cardoze : Attention aux certitudes dans les élections.

Nicolas Mayer-Rossignol : "Je vous dis évidemment la situation actuelle. Mais ce que je vois surtout, parce qu’à la limite ce premier sujet n’est pas le plus important pour moi, le plus important, c’est que depuis hier nous avons une candidature crédible, Raphaël Glucksmann, sincère, on connaît ses valeurs, pro-européen par exemple, écologiste. Et enfin une candidature qui peut faire gagner la gauche, la gauche démocratique, et qui peut redonner un espoir à la France et aux Français. Voilà pourquoi je le soutiens."

"Pour ma génération, c’est le moment le plus important de notre vie militante"

Jacques Cardoze : Vous ne l’avez jamais caché, justement, vous êtes un soutien de Raphaël Glucksmann. Est-ce que vous trouvez vraiment que sa candidature clarifie le débat ?

Nicolas Mayer-Rossignol : "Oui, je le crois. Je le crois vraiment sincèrement. Pourquoi ? Parce que pendant très longtemps quand vous interrogez les gens, ils vous disent : « Mais qu’est-ce que propose la gauche ? » Comprenez ce que je veux dire ? Quelles sont les idées ? Et là, vous avez un candidat. Alors, on peut ne pas être d’accord avec Raphaël Glucksmann, mais c’est clair, il y a des convictions qui sont affirmées."

Jacques Cardoze : Vous vous rendez compte de ce que vous dites ? C’est-à-dire que lorsque les gens vous disent : « Qu’est-ce que propose la gauche ? », ça signifie qu’en fait vous n’avez pas encore réussi à imprimer, finalement, les idées. Vous partez tard dans la course.

Nicolas Mayer-Rossignol : "Je pense qu’on aurait dû partir plus tôt, ça c’est très clair. Je parle du Parti socialiste. Je pense qu’on aurait dû s’affirmer beaucoup plus fortement ces dernières années. Mais, j’allais dire, c’est le passé. Aujourd’hui, nous sommes à neuf mois d’une élection et, quand même, ça, beaucoup d’électeurs et de citoyens, pas forcément de gauche d’ailleurs, le voient très bien."

"Pour ma génération, c’est le moment le plus important de notre vie militante. Parce que, pour la première fois, l’extrême droite est largement favorite. Ce qui n’était pas encore le cas en 2022 et en 2017, même si elle était déjà très haute dans les sondages. Et donc c’est le combat d’une vie, c’est le combat d’une génération. Et il faut du courage pour se lancer dans ce type de combat."

Primaire socialiste : "Il faut un mécanisme démocratique pour clarifier"

Jacques Cardoze : C’est un combat majeur, mais lorsqu’on regarde ce qui se passe, vous allez encore perdre du temps, puisqu’il va y avoir une primaire en octobre, courant octobre. Les dates ne sont pas encore fixées, mais autour du 10 pour le premier tour.

Nicolas Mayer-Rossignol : "Entre le 10 et le 11 octobre, voilà."

Jacques Cardoze : Et là, je cite tous ceux qui sont candidats ou pas totalement déclarés : Ségolène Royal, Philippe Brun, donc Raphaël Glucksmann, peut-être Olivier Faure et Boris Vallaud. Et puis François Hollande et Bernard Cazeneuve, qui, eux, ne veulent pas participer à cette primaire a priori. Pour le moment, ils ne sont pas encore candidats officiels. Mais on ne peut pas dire que ça clarifie le débat, tout ça.

Nicolas Mayer-Rossignol : "Il faut un mécanisme démocratique pour clarifier. Il y a déjà eu des primaires par le passé. Moi, ça ne me choque pas qu’il y ait une compétition démocratique avec une confrontation des idées. Je trouve ça tout à fait normal."

"Mais, comme vous venez de le dire dans votre question, il y a des candidats qui sont déclarés, et puis il y en a, on ne sait pas trop, on verra bien. Moi, je n’ai jugé personne. Je dis juste qu’il faut que tout cela se fasse dans un temps court. C’est le cas début octobre. Vous savez, c’est dans un mois. Et ensuite, il y aura bien, quoi, six mois à peu près de campagne, même plus, jusqu’à l’élection présidentielle."

Jacques Cardoze : Mais est-ce que ça suffit lorsqu’on voit que Jean-Luc Mélenchon grimpe dans les intentions de vote pour le premier tour, qu’il est même donné au second tour, qualifié devant Édouard Philippe ? C’est un dernier sondage qui est tombé ces dernières heures. Pourquoi ? Parce qu’il imprime dans l’opinion. Et donc vous prenez du retard.

Nicolas Mayer-Rossignol : "Oui, mais on peut regarder le lait renversé ou se retrousser les manches. Nous, on préfère se retrousser les manches. On peut se dire : « C’est fichu. » Tous les sondages que vous indiquez, vous avez raison, effectivement, c’est la situation actuelle. Et je le redis, nous aurions dû partir, pour le Parti socialiste, plus tôt. Bon, enfin, c’est la situation actuelle."

"Mais ces mêmes sondages indiquent qu’à la fin, c’est l’extrême droite qui gagne aujourd’hui. Donc, je reviens à mon point princeps : est-ce qu’on se résigne à cela ? Je ne me résigne pas. Nous ne nous résignons pas. C’est ce qu’a dit Raphaël hier. Et je crois que c’est très important qu’on ait maintenant une dynamique."

"Vous avez peut-être entendu que Yannick Jadot, écologiste, ancien candidat à l’élection présidentielle — on peut ne pas être d’accord avec Yannick Jadot, mais il a des idées qui sont très claires, il est crédible dans sa proposition politique — soutient lui aussi avec enthousiasme Raphaël Glucksmann. Et vous allez voir, je ne vais pas déflorer le sujet, mais vous allez voir que, dans les prochains jours, les prochaines semaines, il y a une dynamique qui se met en place."

"On devient de plus en plus une société d’héritiers et de rentiers, où finalement des personnes gagnent mieux leur vie par la chance qu’elles ont d’être nées que des personnes qui bossent dur"

Jacques Cardoze : Vous allez avoir évidemment d’autres personnalités ? Des personnes de l’extérieur au Parti socialiste ?

Nicolas Mayer-Rossignol : "Vous le verrez très prochainement. Je vous ai dit, je ne veux pas avancer sur les annonces. Mais ce que je peux dire, c’est qu’il y a une attente très forte, parce que beaucoup de Français sont orphelins. Orphelins d’une parole claire, qui ne confond pas la radicalité avec l’extrémisme, qui sait qu’on a besoin d’une gauche démocratique, qui ne soit pas populiste, qui soit sincère sur ses convictions, qui soit capable de faire des compromis sans compromission, qui est féministe, qui est laïque, qui est républicaine, qui ne s’excuse pas d’aimer son pays et l’Europe, et qui entend affirmer ses valeurs pour redonner à ce pays le sens de la justice."

"Hier, Raphaël a dit une chose très simple : aujourd’hui, le travail ne paie plus. On devient de plus en plus une société, je dis ça sans jugement, d’héritiers et de rentiers, où finalement des personnes gagnent mieux leur vie par la chance qu’elles ont d’être nées ici ou ailleurs, avec telle ou telle famille, que des personnes qui bossent dur, tôt le matin, tard le soir, y compris dans des conditions de pénibilité très fortes. Il faut changer cela. Et la gauche, elle défend le travail. Voilà un exemple. Elle défend les services publics. Elle défend la culture."

"Raphaël Glucksmann l’a dit très bien hier, et il a aussi rappelé que, sans jeter d’anathème : est-ce que notre pays aujourd’hui est dans un meilleur état qu’il y a dix ans, quand Emmanuel Macron a été élu ? Incontestablement, non. Les inégalités se sont accrues. Vous avez vu l’été climatique que nous avons passé, et c’est probablement l’un des moins pires, malheureusement, que les années à venir."

Jacques Cardoze : Certains vous diront que la gauche a participé, d’une certaine façon aussi, à ces dix années d’Emmanuel Macron.

Nicolas Mayer-Rossignol : "Alors, s’il ne vous a pas échappé que la gauche n’était pas au pouvoir, quand même. Et que même lorsqu’elle a gagné, par une majorité relative, l’élection de 2024, Emmanuel Macron a refusé de lui donner les clés de Matignon. Mais, là encore, c’est du passé. Aujourd’hui, on a un renouveau. Ça, c’est un point important."

Désindexation des retraites : "3 000 euros, moi, ça me paraît très, très bas"

Jacques Cardoze : Oui, mais par exemple, sur certains points, vous ne vous opposez pas toujours à ce que peuvent proposer les gouvernements, ou ce que peuvent proposer les gouvernements d’Emmanuel Macron. Il va y avoir le débat sur le budget. On parle déjà d’une désindexation des pensions les plus aisées. Est-ce que vous êtes d’accord avec cette idée qui est avancée ? On ne sait pas si elle sera retenue. En tant que socialiste, est-ce que vous considérez que c’est de la solidarité intergénérationnelle ou un reniement d’une promesse historique de la gauche, si cette idée devait passer ?

Nicolas Mayer-Rossignol :" Je vais vous répondre très précisément sur ce point. Avant cela, je veux juste faire un point un tout petit peu plus général, parce que je suis un peu attristé de voir la façon dont ces débats sur les budgets démarrent."

"Vous avez peut-être vu, par exemple, que certains disent déjà, alors qu’on n’a pas vu le projet de budget : soit on va l’approuver de toute façon, soit, de toute façon, on va le rejeter. Je trouve que ça n’est pas responsable."

"Moi, je suis maire. Quand je fais une proposition de budget, évidemment, ça n’est pas à la même taille, mais c’est le même principe démocratique : on regarde les propositions. Ça, c’est le premier point. Avant d’avoir des postures, parce que c’est ça finalement : parce qu’on serait dans tel ou tel camp, alors on refuserait absolument ou on approuverait absolument. Non, on regarde."

"Ensuite, le deuxième point, c’est ce qu’a dit Raphaël Glucksmann hier, et il a raison, pour ce budget comme les suivants : la politique, c’est des choix. On n’a pas l’argent pour tout faire, donc il faut faire des choix. Et tous les Français le comprennent très bien. Le travail ou la rente ? Face à la canicule, l’écologie, ou on continue à financer des dépenses qui ne sont pas prioritaires ? Et donc nous allons devoir juger sur pièce."

"Maintenant, sur les retraites. Vous vous souvenez de la réforme des retraites il y a quelques années. Les syndicats, unanimement — je vais citer par exemple Laurent Berger à l’époque — ne disaient pas qu’il ne fallait pas réformer le système de retraite. Ils disaient qu’il fallait une réforme juste. Je prends un exemple : les critères de pénibilité."

Jacques Cardoze : Et donc, est-ce que cette désindexation pour les plus aisés, elle est juste ?

Nicolas Mayer-Rossignol : "Tout dépend du curseur que vous y mettez."

Jacques Cardoze : Au-delà de 3 000 euros, ça a été dit.

Nicolas Mayer-Rossignol : "3 000 euros, moi, ça me paraît très, très bas. Je le dis quand même. Et ensuite, il faut regarder plus en détail."

Jacques Cardoze : Donc vous ne seriez pas contre, à condition que le curseur soit peut-être un peu plus haut ?

Nicolas Mayer-Rossignol : "Ce que je veux — et tous les Français peuvent le comprendre, je crois qu’en réalité il y a un consensus très large là-dessus —, c’est de regarder de façon que chacun puisse contribuer à hauteur de ses moyens. 3 000 euros, ça veut dire que beaucoup de Français retraités, qui n’ont rien demandé à personne, à qui on a promis quand même que ce serait indexé… Tout d’un coup, on viendrait les ponctionner."

"Mais, par contre, ceux qui aujourd’hui vivent de revenus du capital, d’une rente, d’un héritage, de très grands héritages — on a eu les débats, la taxe Zucman, etc. —, vous avez vu que les superprofits d’un certain nombre d’entreprises ont explosé dans la crise énergétique après l’invasion de l’Ukraine, ont continué d’exploser dans la situation actuelle. Vous avez vu que les taux d’inflation, les taux d’intérêt des banques remontent. Il faut de la justice."

"Le maître mot de notre projet, et c’est le maître mot du pays, de la République, de la gauche démocratique aussi, c’est la justice. Justice écologique, justice sociale, justice sociale, justice sociale."

Edouard Philippe "veut draguer des voix de droite et d’extrême droite"

Jacques Cardoze : Sur cet exemple des retraites, je retiens que vous n’êtes pas totalement contre, à condition que le seuil ne soit pas celui de 3 000 euros.

Nicolas Mayer-Rossignol : "Je pense qu’avant de dire que ce sont les retraités qui doivent payer, même si on peut bien sûr regarder ce sujet sans tabou, il faut commencer par dire : est-ce qu’on regarde sur la rente, sur le capital, là où on peut trouver des marges de manœuvre ? Et où est-ce qu’on peut aussi améliorer l’efficacité de l’État en priorisant sur les services publics, les services publics, les services publics ?"

Jacques Cardoze : Vous avez peut-être entendu le positionnement d’Édouard Philippe qui, à Mayotte, évoque la suspension des demandes d’asile ou de regroupement familial. C’est le discours du RN. Il a raison ou pas ?

Nicolas Mayer-Rossignol : "Je pense que c’est une tactique. Je connais bien Édouard Philippe puisqu’il est élu du Havre, maire du Havre, et que je suis maire de Rouen. Nous travaillons ensemble, et d’ailleurs en bonne intelligence localement, même si nous avons de grands désaccords nationaux."

Jacques Cardoze : Donc ce n’est pas de la conviction pour lui ?

Nicolas Mayer-Rossignol : "Je ne veux pas porter de jugement général sur la personne. Ce que je vois, c’est que personne n’est dupe. Il est candidat. Il veut draguer des voix de droite et d’extrême droite. Appelons un chat un chat. C’est ça, la réalité. Je pense que ça n’est pas la bonne manière de faire."

Jacques Cardoze : Raphaël Glucksmann, lui, ce qu’il dira sera conforme à ce qu’il souhaitera faire et il ne cherchera pas, comme Édouard Philippe ou d’autres, à ratisser large ?

Nicolas Mayer-Rossignol : "On a vu aussi des propositions de Jean-Luc Mélenchon. Quand vous débutez une campagne en allant à Mayotte et en tenant ces propos-là, c’est évidemment signé. Il faut quand même que tout le monde le sache bien. Ça veut dire qu’il y a une réunion avant où l’équipe, avec Édouard Philippe, s’est dit : ça serait prioritaire. Il faut d’abord aller à Mayotte pour envoyer quel signal ? Je pense que ça n’est pas la bonne façon de porter un projet pour les Français."

Candidature de Rapahël Gluckmann à la Présidentielle 2027 : "Nous avons un candidat capable de gagner au second tour"

Jacques Cardoze : Ça veut dire aussi qu’il y a une bataille très importante qui se joue entre le centre et la gauche aujourd’hui : qui sera au second tour ? Mélenchon, Glucksmann, Édouard Philippe et peut-être même François Hollande, qui est en embuscade. C’est aussi ça, l’enjeu.

Nicolas Mayer-Rossignol : "L’enjeu, c’est de gagner. Et aujourd’hui, jusqu’à hier, nous n’avions pas de candidat de gauche en situation de gagner l’élection présidentielle."

"Vous savez, moi, je suis électeur depuis 1995. Je me souviens de l’élection de Jacques Chirac face à Lionel Jospin. Lionel Jospin avait fait un score très élevé à l’époque. D’ailleurs, c’est assez intéressant, le parallèle avec Raphaël Glucksmann. Je ne veux pas faire de comparaison hâtive, mais à l’époque, je me souviens qu’on avait un peu moqué la sincérité de Lionel Jospin et son éthique, qui ne paraissaient peut-être pas suffisamment, à l’époque, charismatiques, etc. Et pourtant, il avait fait un excellent score. Et je crois que Raphaël Glucksmann, il porte cette sincérité sur une affirmation de valeurs d’une gauche démocratique."

Jacques Cardoze : Vous voulez dire qu’il est dans la continuité de Lionel Jospin ?

Nicolas Mayer-Rossignol : "Chaque époque est différente et chaque personnalité l’est aussi. Mais je crois que oui, il y a une forme de continuité sur la sincérité et l’éthique de conviction. Ça, je le crois vraiment, fondamentalement. Et puis surtout, à la fin des fins, est-ce qu’on veut que la gauche gagne ou pas ?"

"Franchement, tout le monde le sait aujourd’hui, même si, bien sûr, on verra l’élection, mais jusqu’à hier, nous n’avions pas de candidat capable de gagner au second tour. Aujourd’hui, nous en avons un. C’est quand même une grande nouvelle. Et je dis à tous les Français qui ont le cœur à gauche — normalement, il y en a beaucoup — qu’ils nous rejoignent, parce qu’on a besoin de cet élan."

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