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Marion Maréchal : "Laurent Nuñez cède à l'entrisme musulman"

Par Aurélie Giraud

INTERVIEW SUD RADIO - L'interdiction du port du voile, Laurent Nuñez, la guerre au Moyen-Orient... Marion Maréchal, députée européenne et présidente d'Identité Libertés, était “L’invitée politique” sur Sud Radio. 

Marion Maréchal
Marion Maréchal, interviewée par Jean-François Achilli sur Sud Radio, le 9 avril 2026, dans “L’invité politique”.


"Je pense qu’il y a dans notre pays l’islamo-gauchisme et les islamo-soumis. Dont monsieur Copé, dont monsieur Nuñez font partie". Au micro de Sud Radio, Marion Maréchal a répondu aux questions de Jean-François Achilli.

Jean-François Achilli : Le Rassemblement national veut interdire le voile dans les conseils municipaux pour faire, on va dire, barrage à l’entrisme islamique. C’est une proposition de loi qui va en ce sens, qui a été déposée par Anne Sicard, députée apparentée RN, mais de votre mouvement, du Val-d’Oise, en association avec le député RN de l’Yonne Julien Odoul. Franchement Marion Maréchal, à quoi ça sert si ce n’est pour électriser un peu plus un débat compliqué aujourd’hui ? Votre loi d’ailleurs n’a aucune chance de passer.

Marion Maréchal : "Moi je reviens quelques années en arrière et je note qu’il y a une vingtaine d’années de cela, lorsque on avait découvert qu’il y avait une candidate, à l’époque du parti NPA, voilée sur une liste aux élections régionales en 2015, il y avait eu un scandale national. D’ailleurs même à l’époque, Jean-Luc Mélenchon s’en était publiquement offusqué parce qu'il faisait consensus à ce moment-là de considérer que la volonté de porter le voile dans le cadre politique relevait d’une volonté d’affichage politico-religieux."

"Avec en parallèle, et ça tout le démontre dans les paramètres actuels de la société, des offensives venant de groupes de plus en plus radicaux et islamistes qui utilisent le voile finalement pour faire une pression sur la société et sur les règles laïques de la société."

"Et donc quand on voit aujourd’hui se multiplier ce port du voile partout dans les conseils municipaux, conseils municipaux de gauche mais aussi de droite, il était plus que temps de légiférer évidemment pour mettre fin à cela et faire en sorte que les conseils municipaux restent, comme à l’Assemblée nationale, des lieux neutres sur le plan religieux."

"Si nous laissons prospérer aujourd’hui ce port du voile dans les conseils municipaux, la logique inexorablement voudra que ce port du voile devienne la norme"

Jean-François Achilli : Franchement, j’ai écouté ce que dit Anne Sicard, mais quand elle dit « bientôt une femme voilée pourra célébrer un mariage », c’est interdit par la loi, ça n’est pas possible. Une femme voilée ne pourra jamais célébrer un mariage.

Marion Maréchal : "Nous nous attaquons aujourd’hui à un flou précisément sur le plan législatif. Elle parle du fait que si nous laissons prospérer aujourd’hui ce port du voile dans les conseils municipaux, la logique inexorablement voudra que ce port du voile devienne la norme. Parce que précisément il y a aujourd’hui des groupes politiques, religieux et radicaux qui veulent mettre sous pression nos règles de vie, notre laïcité et notre neutralité religieuse par rapport à la politique."

"Donc cette loi proposée par Anne Sicard a vocation à remplir aujourd’hui un vide législatif parce que dans la loi actuelle, il n’y a pas clairement d’interdiction de port du voile dans les conseils municipaux. Ce qui fait que les maires sont laissés dans le flou total et qu’ils ne sont pas protégés quand un certain nombre d’entre eux prennent la décision, par exemple dans leur conseil, de ne pas permettre le port du voile."

"Tout le monde devrait en vouloir aux islamistes qui voilent les petites filles"

Jean-François Achilli : Pour être bien clair pour ceux qui nous écoutent ce matin, il faut donc désormais les considérer comme officiers d’état civil en exercice ?

Marion Maréchal : "Je vous donne un parallèle très simple : le port du voile n’est pas autorisé à l’Assemblée nationale. Et donc l’objectif de cette loi, c’est de faire en sorte que cette interdiction soit étendue à l’ensemble des conseils représentatifs politiques locaux, donc régionaux, départementaux et municipaux."

"Parce que nous voyons une fois de plus la multiplication de ce voilement dans un contexte, disons-le, où nous avons des responsables politiques, je pense notamment à notre ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, bien qu’il soit partiellement revenu dessus à titre personnel, où il nous explique que finalement il ne voit rien de particulièrement problématique à ce que des fillettes puissent se voiler."

Jean-François Achilli : Il est revenu sur ses propos.

Marion Maréchal : "Oui, parce qu’il s’est rendu compte de l’immense bêtise de sa déclaration et même de la dangerosité de sa déclaration, parce que personne n’en veut à des petites filles d’être voilées. Par contre, tout le monde devrait en vouloir aux islamistes qui voilent les petites filles. Parce que ce que monsieur Nunez a manifestement oublié de constater, c’est que ce sont les islamistes aujourd’hui qui cherchent à voiler les petites filles, même quand elles sont prépubères, parce qu’elles, soi-disant, pourraient susciter le désir."

Jean-François Achilli : Laurent Nunez avait indiqué que le président de la République était attaché à développer, à mieux faire connaître l’islam… là aussi il est revenu sur ses propos. Vous pensez qu’il a subi une pression ?

Marion Maréchal :" Il dit qu’il y revient à titre personnel. Vous vous rendez compte ? Ça veut dire que comme il n’assume pas publiquement ce qu’il a dit, il dit « à titre personnel finalement je ne suis pas absolument d’accord avec les déclarations que j’ai faites en tant que ministre ». Mais ce qui nous intéresse nous Français, c’est ce qu’il fait en tant que ministre."

"Et je vous donne un exemple de ce qu’il ne fait pas, plus précisément, et qui me semble très grave. Le week-end dernier s’est tenu le rassemblement annuel des musulmans de France. C’est un événement tenu par les Frères musulmans, c’est tout à fait documenté. Monsieur Nunez a tenté, soi-disant tenté, d’interdire ce rassemblement sous des prétextes complètement fallacieux puisqu’il a fait valoir auprès de la justice le fait qu’il y aurait un risque d’attentat terroriste de l’extrême droite. La justice a évidemment cassé cette décision."

"En revanche, il y avait de très nombreux ouvrages appelant à la violence et même parfois à la mort des homosexuels, des juifs, des mécréants, traitant les femmes européennes de prostituées, appelant au djihad. On y voit des auteurs qui ont des profils islamistes. Il y a donc de la littérature islamiste vendue ostensiblement dans ce rassemblement sans que le gouvernement manifestement…"

"Je pense qu’il y a dans notre pays l’islamo-gauchisme et les islamo-soumis. Voilà. Dont monsieur Copé, dont monsieur Nunez font partie"

Jean-François Achilli : Vous pensez qu’il aurait dû intervenir contre ces publications qui étaient exposées ?

Marion Maréchal : "Mais il aurait dû prendre précisément prétexte de la présence de cette littérature appelant à la violence, de la présence de ces auteurs identifiés comme islamistes, pour interdire cet événement."

Jean-François Achilli : Vous dites quoi ? Que Laurent Nunez subit une forme de pression, d’un entrisme musulman radical ?

Marion Maréchal : "Je pense que ça va même au-delà de ça. Je vais vous dire : je pense qu’il y a dans notre pays l’islamo-gauchisme et les islamo-soumis. Voilà. Dont monsieur Copé, dont monsieur Nunez font partie. Ce sont des gens qui finissent par s’accommoder aujourd’hui de l’avancée de l’islamisation."

Jean-François Achilli : Copé qui a dit interdire le port du voile aujourd’hui est une illusion, c’est trop tard. Il l’a dit sur RTL. Il a même ajouté qu’il aurait fallu le faire il y a 25 ans.

Marion Maréchal : "Alors c’est drôle parce que précisément, il y a 25 ans, c’était son camp qui était au pouvoir avec Jacques Chirac. Mais à l’époque, ils n’ont précisément rien fait. Parce que monsieur Copé, voyez-vous, c’est un homme qui, comme monsieur Nunez, a accompagné toutes les étapes de l’immigration de masse et qui donc demain accompagnera toutes les étapes de l’islamisation. Et qui dans 25 ans, quand le djihad s’appliquera, nous expliquera : « bah vous voyez, on ne peut rien faire contre l’application par exemple de la charia, il aurait fallu l’interdire il y a 25 ans »."

"Nous, on agit, on fait des propositions de loi. Et moi j’en appelle aujourd’hui aux Républicains, j’en appelle à Bruno Retailleau, j’en appelle à David Lisnard, j’en appelle à tous les députés républicains au sein de l’Assemblée nationale à cosigner cette loi, voter cette loi."

"Le voile n’est pas un signe religieux comme un autre"

Jean-François Achilli : Encore une question parce qu’il y a d’autres sujets. Mais demain, un président ou une présidente RN est à l’Élysée, il y aura interdiction du voile dans l’espace public.

Marion Maréchal : "C’est la proposition en effet de Marine Le Pen."

Jean-François Achilli : C’est-à-dire que les policiers, je précise, qui ont déjà du mal à lutter contre le narcotrafic, vont en plus devoir courir verbaliser les femmes voilées. Concrètement, comment ça se passe ?

Marion Maréchal : "Alors, avant d’aller jusqu’à l’interdiction dans l’espace public, il y a des étapes intermédiaires qui peuvent être mises en place. Celle dans les conseils municipaux en est une, celle dans les universités en est une. Il faut bien comprendre que ce sujet du voile n’est pas un petit sujet, que le port du voile a été multiplié par deux en dix ans, qu'aujourd’hui on est face à toute une nouvelle génération qui utilise finalement le voile comme un acte d’affichage politico-religieux."

"Le port du burkini, les horaires séparés dans les piscines, le halal à l’école : c'est le même sujet"

"Le voile n’est pas, excusez-moi, un signe religieux comme un autre. C’est quand même un signe qui, de par le monde, entraîne la discrimination, l’enfermement, parfois la mise à mort de femmes qui refusent de le porter."

"Donc oui, il y a la volonté aujourd’hui d’envoyer un signal qui est très clair et très fort à tous ceux qui en France voudraient instrumenter la religion pour mettre une pression sur la société. C’est le même sujet sur le port du burkini, c’est le même sujet sur les horaires séparés dans les piscines, c’est le même sujet que le halal à l’école. Je vous le dis : si nous n’envoyons pas un signal très clair pour stopper cela, si nous ne faisons pas cela, eh bien en effet, petit à petit, la charia s’appliquera dans notre pays."

"L’islam deviendra majoritaire, je vous le dis sans aucune provocation, pour des raisons démographiques. Et je le dis aux auditeurs qui nous écoutent : si nous ne faisons rien et si demain l’islam devient majoritaire, il en sera fini de la France que nous connaissons."

Jean-François Achilli : Une question : le cessez-le-feu en Iran… Israël doit arrêter, à vos yeux, son offensive au Liban ? Vous aviez écrit récemment une lettre à vos amis libanais.

Marion Maréchal : "Oui, absolument. Je considère évidemment que la situation d’Israël est particulière vis-à-vis du Hezbollah au Liban parce qu’il ne s’agit pas tant évidemment pour Israël de lutter contre le Liban mais contre le Hezbollah, qui je le rappelle est un proxy iranien islamiste qui sévit au Liban. Donc Israël est en partie évidemment en légitime défense."

"Le sujet qui se pose aujourd’hui dans l’action d’Israël, c’est la proportionnalité. Et il y a manifestement disproportion entre la légitime défense que l’on doit pouvoir accorder à Israël et le déplacement massif de population, des bombes qui frappent aujourd’hui des centres-villes et qui peuvent menacer la population civile."

"C’est pourquoi moi je plaide pour que le cessez-le-feu aujourd’hui décidé entre l’Iran et les États-Unis, s’étende bien sûr au Liban, puisque manifestement ça n’est pas le cas aujourd’hui, et que demain, dans le cadre de l’accord de paix éventuel, le désarmement du Hezbollah fasse partie des conditions incontournables pour assurer la stabilité de la région dans les années à venir et la protection du Liban."

La loi Yadan "risque d’amputer trop excessivement la liberté d’expression"

Jean-François Achilli : Votre mouvement soutient la proposition de loi de Caroline Yadan qui vise à lutter contre les formes de renouvellement de l’antisémitisme en élargissant le délit d’apologie du terrorisme, en créant un délit d’appel à la destruction d’un État. Est-ce que vous soutenez cette loi, qui est très controversée ?

Marion Maréchal : "Alors je comprends l’objectif qui est évidemment de lutter contre le développement de l’antisémitisme dans notre pays, qui prospère sur un vote communautaire, sur lequel se consolide finalement une haine anti-israélienne. Et on voit bien d’ailleurs qu’à travers la critique aujourd’hui de l’État d’Israël se manifeste une forme d’antisémitisme absolument primaire."

"Maintenant, je ne partage pas le contour qui est déterminé par cette loi parce que je pense qu’elle est mal rédigée et que l’on ne peut pas contraindre la liberté d’expression au point de risquer de s’interdire la critique même d’une politique menée par un gouvernement. Et donc il y a à mon avis dans la rédaction actuelle de cette loi quelque chose qui n’est pas absolument clair et qui risque d’amputer trop excessivement la liberté d’expression par rapport à l’objectif qui doit être atteint."

Jean-François Achilli : Marion Maréchal, un mot sur 2027. Vous espérez toujours que Marine Le Pen puisse se présenter ? Elle est votre candidate ?

Marion Maréchal : "Bien sûr. Et tant que la décision judiciaire n’est pas tombée, eh bien je soutiens Marine Le Pen dans le cadre d’une coalition que j’espère la plus large possible, dans laquelle mon mouvement Identité Libertés a toute sa place. Voilà. Donc j’ai bon espoir que les juges reviennent à la raison d’ici le 7 juillet prochain."

Retrouvez "L’invité politique" chaque jour à 8h15 dans le Grand Matin Sud Radio

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