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Laïcité : "Il faut étendre la loi de 2004 au monde du sport", pour Médéric Chapitaux

Par Jean Baptiste Giraud

Constate-t-on un certain entrisme islamiste dans le sport ? Le regard de Médéric Chapitaux, sociologue spécialiste de la radicalisation.

Médéric Chapitaux, laïcité, sport
Médéric Chapitaux interviewé par Jean-Jacques Bourdin sur Sud Radio, le 15 marsc2024, dans “L’invité politique”.

La loi du 15 mars 2004 sur la laïcité a tout juste vingt ans, interdisant les signes religieux ostensibles. Deux décennies plus tard, les choses s sont-elles calmées ou la laïcité est-elle en danger ?

 

 

Laïcité : avoir le courage d'appliquer la loi

"Je pense que c’est un combat de tous les instants, estime Médéric Chapitaux, sociologue spécialiste de la radicalisation, membre du Conseil des Sages de la Laïcité et auteur de “Quand l’islamisme pénètre le sport” (PUF). Cette loi de 2004 était un excellent postulat républicain pour rappeler que tous les lieux d’éducation doivent être protégés de toute entrisme religieux. Aujourd’hui, il y a des attaques, mais ce n’est pas nouveau. A nous de nous défendre sur ces principes. Signes religieux, abaya… les tentatives de contournement de la loi à l’école sont nombreux." Pourquoi vouloir étendre le domaine d’application de la loi de 2004 au domaine du sport ? "La loi de 2004 n’interdit pas les religions, mais l’ostentation. On ne peut pas dire que le sport est un vecteur d’éducation et ne pas avoir la même protection qu’à l’école."

Y a t-il véritablement un entrisme islamiste dans le sport du quotidien ? "Ce n’est pas massif, mais pas marginal. C’est minoritaire mais il faut le traiter. On peut fermer un club, suspendre des éducateurs sportifs. La loi le permet. Ce qu’il faut, c’est le courage de l’appliquer." Quels sont les sports les plus touchés : "Aujourd’hui nous avons un triptyque d’activités. les sports collectifs, dont le football futsal, les sports de combat et la musculation. C’est connu depuis 2010. Il y a eu une alerte du conseil de l’Europe à ce sujet."

 

 

Pas plus de religion dans le sport, mais d'ostentation

La FFF a refusé les pauses durant les matches en raison du jeûne du ramadan. "Je ne dirai pas refus mais application de la loi. Le ministère des sports délègue à la FFF l’organisation des compétitions. Une délégation de service public et une obligation de neutralité . On ne peut pas changer les règles du jeu pour des raisons religieuses. Les autres pays n’ont pas le même principe de neutralité." Un sujet d’inquiétude pour les Jeux Olympiques ? "La règle 50.2 de la charte olympique rappelle la neutralité dans le domaine du sport. Il n’y a pas lieu d’être inquiet." Le CIO est-il aussi ferme que la FFF ? "Pourquoi n’applique-t-il pas cette règle ? On peut parler de courage individuel et collectif. Sans ignorer les pressions de certains pays du golfe sur ces sujets. Les joueuses Françaises ne porteront pas le voile, mais d’autres en porteront sur les compétitions. Ce sera un vrai débat."

Quelle différence par rapport à il y a vingt ans ? Les sportifs musulmans montrent ostensiblement leur appartenance religieuse. "C’est le point de vigilance, estime Médéric Chapitaux, sociologue spécialiste de la radicalisation, membre du Conseil des Sages de la Laïcité et auteur de “Quand l’islamisme pénètre le sport” (PUF). La religion est parfois considérée comme un facteur de performance dans le sport. On ne va pas l’interdire. La question n’est pas s’il y a plus de religion dans le sport, mais plus d’ostentation. On a une instrumentalisation de certains courants religieux pour montrer cette appartenance. Cela pose de vrais conflits sur les terrains de sport."

 

 

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