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"Le Hamas a remporté une victoire politique" pour Pascal Boniface

Par Adélaïde Motte

"Le Hamas a remporté une victoire politique" selon Pascal Boniface, géopolitologue et directeur de l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS). Il était “L’invité politique” sur Sud Radio. 

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Pascal Boniface interviewé par Jean-Jacques Bourdin sur Sud Radio, le 16 février 2024 dans “L’invité politique”.

Guerres entre la Russie et l'Ukraine et entre Israël et le Hamas, intérêt des Jeux olympiques pour la France: Pascal Boniface a répondu aux questions de Jean-Jacques Bourdin.

La Russie "est l'ennemie de l'Ukraine, qui est notre amie"

Emmanuel Macron resserre les liens avec l'Ukraine en recevant Volodomyr Zelensky. Cela fait-il de la Russie notre ennemie, de fait, "elle est l'ennemie de l'Ukraine, qui est notre amie", nuance Pascal Boniface, qui évoque un "renforcement de la relation." "Les relations n'étaient pas très bonnes au début de la guerre, les positions françaises se sont rapprochées, tous ces accords arrivent au moment où les doutes sur la garantie américaine sont de plus en plus lourdes." En effet, l'élection présidentielle américaine approche et "Trump dit qu'il règlerait la guerre en 24h." "Déjà les choses sont changées puisque le Congrès bloque la fourniture d'aides supplémentaires." "La question c'est est-ce qu'on peut être le plan B."

Pour autant, la guerre entre l'Ukraine et la Russie impose de jouer finement. "Le nombre joue en faveur de la Russie, il faudrait pour inverser le rapport de force que les forces de l'OTAN entrent directement en guerre, ce serait la troisième guerre mondiale, il vaut mieux éviter ce genre de conseil." Il faut donc plutôt s'attendre à "la poursuite d'une guerre sur la longue durée." "La France n'a pas à dire ce qu'elle ferait, elle doit assurer un doute. Ses intérêts vitaux par définition ils ne sont pas précis." Faut-il protéger à tout prix les pays baltes, l'Allemagne ? Le mieux est de laisser planer le doute. "L'erreur de Biden était de dire à l'avance 'quoi que vous fassiez en Ukraine nous n'interviendrons pas'. Le fait qu'il puisse y avoir un doute de la part des Russes fait que la force de dissuasion française est utile, la dissuasion c'est faire peur à l'autre." Quant à l'ONU, elle est "paralysée." "Ce n'est pas tellement le droit de veto qui paralyse l'ONU, c'est la division entre les grandes puissances."

"On ne va pas éradiquer le Hamas"

Concernant la guerre entre Israël et le Hamas, que voit-on se dessiner ? "On ne va pas éradiquer le Hamas, il représente à tort ou à raison pour les Palestiniens un mouvement qui lutte contre Israël, en face il y a l'autorité palestinienne qui dans l'esprit des Palestiniens collabore." "On ne peut pas éradiquer un mouvement politique." La solution à deux Etats, elle, "était déjà morte avant le 7 octobre, depuis la haine de l'autre et l'incapacité à comprendre la douleur de l'autre ont grandi."

"Il n'y a pas d'intention génocidaire" en Israël, car pour en parler, l'important, "c'est pas tellement le nombre de morts que l'intention d'éliminer tout un peuple." Cependant, "s'il y a une opération sur Rafah, volontaire ou non, le résultat sera un nettoyage ethnique." Le gouvernement israélien commet bien "des crimes de guerre." Quant à la colonisation de la Cisjordanie, elle rend le conflit difficile en France car elle met en concurrence la mémoire de la Shoah et celle de la colonisation. "Il faudrait que les deux coexistent parce que les deux ont été des crimes horribles. Ce qui est contesté c'est qu'au nom de la Shoah on ne puisse pas contester le gouvernement israélien." "Israël occupe un peuple qui n'est pas le sien." Même si "ce n'est pas le colonialisme à l'ancienne", "les Palestiniens sont l'un des derniers peuples à être privé du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes."

"Organiser les Jeux olympiques c'est être au cœur du monde"

Si les Français ont "toujours eu une sorte d'a priori contre le sport", "ce n'est pas le cas dans d'autres pays que nous." Pourtant, "organiser les Jeux olympiques c'est être au cœur du monde pendant quelques jours." C'est aussi pour Paris l'occasion de rayonner plus qu'elle ne le fait déjà. "Sans les Jeux olympiques de 92, Barcelone n'est pas Barcelone, Barcelone a été magnifiée." Il faut également compter les effets à long terme, comme "les villages olympiques, ce sera des logements qui vont être attribués aux habitants de la Seine Saint Denis." Bien sûr, pour que les Jeux olympiques soient un succès, "il vaudrait mieux éviter le fiasco style finale de la Ligue des champions."

Concernant le football justement, Pascal Boniface note que "le départ de Kyllian M'Bappé va affaiblir la qualité de la Ligue 1." "Les droits sans Kyllian M'Bappé c'est pas tout à fait la même chose." Difficile toutefois d'en vouloir à la star car "il est resté plus longtemps que prévu au Paris-Saint-Germain." Si rien n'est encore gravé dans le marbre, son entrée au Real Madrid fait peu de doutes. "Il y a plus de chances qu'il aille là, il a beaucoup d'antériorité pour le Real." Quel avenir pour le Paris-Saint-Germain ? "Soit c'est le collectif qui l'emporte, on muscle encore un peu le collectif, soit ils embauchent le remplaçant à coups de dizaines de millions."

Retrouvez "L’invité politique" chaque jour à 8h30 dans le Grand Matin Sud Radio avec Jean-Jacques Bourdin

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