Comment la guerre en Iran se vit de l’intérieur ? Quels échos avons-nous à l’extérieur des frontières iraniennes ? Que faut-il croire, ou pas ? Réponses avec la présidente de la fondation Mo-Ha, Fariba Hachtroudi.
"Cette guerre n’est pas légitime"
Fariba Hachtroudi ne représente certes pas tout le peuple iranien, mais elle représente une certaine idée de l’Iran. Celle d’un Iran humaniste qui aurait pu naître s’il n’y avait pas eu en 1979 la Révolution et le changement de régime au profit des mollahs. Dans son dernier livre, elle rentre dans l’intimité de la société iranienne en guerre. Le récit de la tragédie d’une société déchirée, et l’espoir d’un changement à la fois. "Cette guerre ne tue pas que des militaires. Les missiles tombent sur des hôpitaux, des écoles, des universités. Chacun raconte ce qu’il veut. Mais on ne sait pas combien il y a de victimes" explique-t-elle au micro de Sud Radio.
"C’est inadmissible pour la population iranienne. Les opposants les plus farouches au régime connaissent la guerre. Une guerre qui n’est pas justifiée, qui n’est pas légitime, qui a montré son visage. Ce n’est pas une guerre humanitaire, ce n’est pas une guerre pour libérer la population. C’est une guerre qui dépasse largement ce qu’on nous a raconté, et ça remonte à loin. Trump l’a dit : c’est une guerre pour le pétrole" ajoute Fariba Hachtroudi au micro de Sud Radio.
"Ce n’est pas avec les bombes qu’on va les libérer"
Pour l’écrivaine, "Trump s’est laissé entraîner dans cette guerre. Les objectifs d’Israël ne sont pas les siens. Mon problème, c’est la population iranienne. C’est ce que j’ai vécu avec elle pendant douze jours de guerre. Les jeunes que j’ai pu rencontrer en Iran ne sont pas dupes. Ce n’est pas avec les bombes que l’on va les libérer. On compte aujourd’hui une déflagration par minute en Iran. Et c’est tous les jours, depuis un mois. Quand vous voyez ça, vous ne pouvez pas parler de l’horreur du régime. L’horreur de la guerre est cent fois plus violente."
De quoi rappeler l’insurrection populaire en Iran, du mois de janvier dernier. Une insurrection que ni les Etats-Unis, ni Israël n’ont soutenu. "Il y a eu une préparation pour cette guerre. La préparation a déjà été économique. La répression aurait eu lieu. Mais elle a été multipliée par cent en trois nuits, car il y a eu une radicalisation et des groupes armées, avec le Mossad aux manettes en sous-main" conclut Fariba Hachtroudi.
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