A l'occasion du Salon de l'Agriculture, Jean-Philippe Viguié, éleveur de vaches Aubrac, et Pierre Hylari, président des Jeunes agriculteurs d'Occitanie, étaient ce mardi au micro de Sud Radio et de Périco Légasse pour évoquer l'avenir de la filière agricole française.
L’agriculture, des métiers passion
"On a l’impression parfois que le sort s’acharne sur nous, sur nos filières et sur notre agriculture" explique Pierre Hylari, président des Jeunes agricultures d’Occitanie, au micro de Sud Radio. Il n’empêche que nous gardons espoir, car ce sont des métiers passion. Et nous ne pouvons faire ces métiers d’entretien du territoire, de valorisation du territoire et de production qu’avec qu’avec de la passion et de l’énergie" ajoute-t-il.
"Notre responsabilité, c’est de continuer à se battre"
"Si je manquais d’espoir, je ne serai pas là. Venir au Salon, c’est en profiter pour faire des rencontres et continuer à faire passer les messages. Je peux totalement entendre la détresse de certains qui n’y croient plus. Mais notre responsabilité, c’est de continuer à se battre. On le fait avec les moyens que l’on a, mais aussi une idée forgée sur ces zones rurales, sur un mode de vie choisi, et un cadre de vie auquel on croit et qui devra continuer à être défendu" estime encore le vigneron.
"On est devant un triple défi et un mur démographique"
Le viticulteur en profite pour dénoncer ce qu’il appelle le coût de l’inaction. Une inertie que partage également Jean-Philippe Viguié. Au-delà des péripéties climatiques et des différences paysannes. "Notre région est toujours en première ligne. Au-delà des couleurs syndicales, nous essayons de travailler dans l’intérêt collectif. On est devant un triple défi et un mur démographique. Dans dix ans, la moitié des paysans partiront à la retraite" précise-t-il au micro de Sud Radio.
"J’en ai pleuré des nuits, mais on peut pas ne pas se battre"
"La colère, j’en ai pleuré des nuits. Mais on peut pas ne pas se battre. J’ai pu côtoyer la détresse. Ce n’est pas la colère qui me choque, c’est l’abandon. Je veux que les gens continuent à se battre. Contre qui ? Alors oui il y a les politiques. Oui il y a la grande distribution. On se bat pour des gens. Mais aussi pour des territoires. C’est ce combat-là qui nous anime" conclut Jean-Philippe Viguié.
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