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Arthur de Watrigant : "L'audiovisuel public est devenu un milieu, au sens 'système', au sens 'mafia'"

INTERVIEW SUD RADIO - France Télévisions va mal, déplorent les journalistes Arthur de Watrigant, rédacteur en chef de L'Incorrect, et Jacques Cardoze, un ancien de France 2, au micro de Périco Légasse dans "La France dans tous ses états" sur Sud Radio.

Arthur de Watrigant et Jacques Cardoze
Arthur de Watrigant et Jacques Cardoze, invités de Périco Légasse dans "La France dans tous ses états" sur Sud Radio

À l'Assemblée nationale, une Commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public poursuit ses auditions. Qu'a-t-on appris jusqu'ici ?

Arthur de Watrigant : "Le vrai déficit de France Télévisions est de 250 millions"

Périco Légasse : Quel est le principal reproche formulé par cette commission d'enquête ?

Arthur de Watrigant : Moi, tout comme la majorité des gens, je dis : "Le problème, c'est le pluralisme". Le pluralisme n'est pas très bien représenté au sein de l'audiovisuel public. Mais finalement, le pluralisme, c'est un petit sujet face à ce que révèle Charles Alloncle. On a affaire à un système. L'audiovisul public n'est plus un centre - cela devait être un centre pour les Français - il est devenu un milieu, au sens "système", au sens "mafia". Ce qui m'a rendu dingue en regardant ça, c'est comment les gens se servaient de l'argent de l'audiovisuel public pour leurs intérêts personnels, qui sont évidemment politiques et matériels. C'est comment on remercie les copains, comment on s'entretient…

Ensuite, vous avez 9.000 salariés à 72.000 euros. Mais vous savez, la majorité des programmes, des contenus qui sont créés, sont créés en externe pour 1 milliard d'euros. À quoi servent les 9.000 salariés ? Quand Charles Alloncle a demandé de lui transmettre les documents sur les réunions dans lesquelles on avait décidé d'accorder 1 milliard d'euros par an à des boîtes de production. France Télévisions lui a répondu par écrit : "Ces documents n'existent pas". Je suis tombé de ma chaise.

D'autant que le résultat de France Télévisions est intéressant : Delphine Ernotte, nommée ne 2015, se félicite tous les ans de résultats exceptionnels, et il était même prévu qu'on lui attribue une prime de performance. Dans n'importe quelle boîte, une prime de performance, c'est quand on a atteint les résultats. Or, la Cour des comptes révèle que le déficit cumulé depuis 2017, c'est 80 millions d'euros. Sauf qu'on découvre qu'il y a d'autres filiales de France Télévisions qui gagnent de l'argent, et qu'elles ont renfloué les caisses à hauteur de 176 millions. Donc, le déficit est de 250 millions.

https://www.youtube.com/watch?v=nuEhzw-w5Yk

Jacques Cardoze : "Il y a un parti pris qui consiste à vouloir absolument essayer de trouver des choses"

Périco Légasse : Vous avez témoigné sous serment devant la commission d'enquête, vous avez dressé un tableau critique de la maison, mêlant biais éditoriaux, pressions politiques et pratiques opaques de gestion des départs…

Jacques Cardoze : Tout d'abord, je pense qu'[avec cette commission d'enquête, les députés] ont gagné la bataille culturelle et la bataille de la transparence. Et ça, c'est déjà énorme. Rien que le fait qu'il y a une commission d'enquête signifie que la question se pose. Et je crois qu'aujourd'hui, la question est de plus en plus légitime. Et de plus en plus de gens partagent l'idée qu'il y a peut-être un problème avec la neutralité du service public. Et je trouve qu'ils ont fait un travail remarquable.

Périco Légasse : Vous avez publié un long texte sur le réseau social X sur le Cash Investigation sur L'Oréal, qui a été diffusé cette semaine. Vous dites aussi qu'il y a un biais politique au sein de France Télévisions…

Jacques Cardoze : Il y a un parti pris qui consiste à vouloir absolument essayer de trouver des choses. Et, malheureusement, ils trouvent très peu de choses, il y a très peu d'éléments sulfureux.

Pour comprendre le biais, il faut se demander combien de portraits ont été faits dans "Complément d'enquête" sur Monsieur Hollande, Monsieur Glucksmann, Monsieur Mélenchon, Monsieur Ruffin… et, à l'inverse, combien ont été faits sur la sphère Bolloré, sur Monsieur Sarkozy, sur Jordan Bardella, sur Cnews, sur Hanouna, sur Patrick Sébastien… Et moi-même, j'ai fait certaines de ces enquêtes.

Cliquez ici pour écouter l’invité de Périco Légasse dans son intégralité en podcast.

Retrouvez “Le face à face” de Périco Légasse chaque jour à 13h dans "La France dans tous ses états" sur Sud Radio.

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