"Azimov était un signal faible, pas reconnu pour un potentiel passage à l'acte"

La police à pied d'oeuvre après l'attaque terroriste de Khamzat Azimov à Paris, le 12 mai 2018 (©GEOFFROY VAN DER HASSELT - AFP)

Journaliste spécialisé dans les questions de police et de sécurité, Marc Ezrati était l’invité du Grand Matin Sud Radio ce lundi pour évoquer le profil de Khamzat Azimov, auteur de l’attaque terroriste au couteau qui a fait un mort à Paris samedi dernier.

Abattu par les forces de police après avoir agressé plusieurs personnes au couteau (dont un à mort) ce samedi dans le quartier de l’Opéra à Paris, Khamzat Azimov était lui aussi inscrit dans le célèbre fichier S des personnes dangereuses à surveiller. Ce qui n’a pas empêché ce Français de 20 ans, d’origine tchétchène, de commettre son acte. Journaliste spécialisé dans les questions de police et de sécurité, Marc Ezrati était l’invité du Grand Matin Sud Radio ce lundi pour revenir sur son parcours et son profil.

"Les autorités françaises le présentent sous le nom de Khamzat, les autorités tchétchènes sous celui de Hassan… On ne sait pas trop, il y a encore quelques zones d’ombre sur sa date de naturalisation, a priori 2010. Ce qu’on sait de son profil, c’est que c’est quelqu’un arrivé en France à Strasbourg, qu’il était un élève relativement bon au lycée Hans-Arp de Schiltigheim où il a obtenu un bac ES en 2016, et c’est à partir de ce moment-là que sa mère s’est inquiétée de sa radicalisation et qu’il a été inscrit dans le fameux fichier S", déclare-t-il.

"Les tchétchènes français, une communauté relativement fermée"

Après avoir évalué la communauté tchétchène française à 15 ou 20 000 personnes, "principalement implantés à Strasbourg, une communauté relativement fermée qui ne s’ouvre pas beaucoup sur les autres et qui se réunit souvent sur le quartier de l’Elsau à Strasbourg", Marc Ezrati rappelle que Khmazat Azimov "avait été interrogé comme témoin il y a un an par la section antiterroriste de Paris, mais c’était un signal faible. Ce n’était pas quelqu’un reconnu comme pouvant potentiellement passer à l’acte".

Par ailleurs, le journaliste souligne la réactivité et l’action de certaines personnes civiles dans le cadre de l’intervention policière de samedi soir. "La sensibilisation des patrons de bar et d’établissements festifs a marqué des points avec cette attaque, puisque tous les patrons de bar ont tout de suite réagi en confinant leur clientèle et les gens de la rue dans leur établissement pour les protéger. C’est vraiment les fruits de tout ce qu’on a connu depuis trois ans", rappelle-t-il.

Réécoutez en podcast toute l’interview de Marc Ezrati dans le Grand Matin Sud Radio

 

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