Philippe Jéhan : "Faire enfler la polémique Lactalis ne fait qu’apeurer le consommateur"

Élevage de vaches à Drucat dans la Somme (©Philippe Huguen - AFP)

Alors que le groupe Lactalis est de nouveau sous le feu des projecteurs suite aux dernières révélations du Canard enchaîné sur les contrôles sanitaires effectués au sein du groupe, le président de la FDSEA 53 (branche mayennaise de la FNSEA) Philippe Jéhan était l’invité du journal de 18h sur Sud Radio pour réagir à la polémique.

Le groupe Lactalis était-il au courant de la contamination à la salmonelle survenue dans son usine de Craon (Mayenne) il y a quelques mois ? C’est ce qu’affirme le Canard enchaîné, qui s’appuie notamment sur les résultats de deux contrôles effectués en interne et qui s’étonne par conséquent du manque de résultats obtenus lors de la visite un peu plus tard de la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP). Face à la polémique grandissante, le président de la FDSEA Mayenne, Philippe Jéhan, était l’invité du journal de 18h sur Sud Radio. Il fait part de son incompréhension.

"Je ne comprends pas cette polémique"

"Je pense que depuis le début, il y a eu transparence et précautions prises. Je ne comprends pas la polémique. Les produits ont été retirés depuis le début, c’est la procédure normale d’élimination de salmonelle avec nettoyage des cuves. Il y a effectivement eu quelques enfants malades, mais les lots ont été retirés et il n’y a eu absolument aucun trace de salmonelle dans les poudres de lait ! Toutes celles qui ont été retirées l’ont été par précaution, sans risque avéré. Dès qu’il a eu connaissance des faits, le ministère a mis en route la procédure d’arrêt de la poudre de lait et des deux tours de séchage de l’usine de Craon. Aujourd’hui, 350 salariés sont reventilés ou en chômage partiel, tout est retiré depuis le début. Donc je ne comprends pas cette polémique, il n’y a eu absolument aucune dissimulation. Ce serait absolument impossible pour un groupe industriel comme Lactalis", assure-t-il.

Ce cas de figure pose en tout cas la question du sort des salariés de l’usine Lactalis, victimes collatérales de la situation. "Il y a plusieurs entreprises du groupe Lactalis qui se trouvent à 20 ou 30 kilomètres, donc chaque producteur de lait a été redistribué et chaque camion a été reventilé sur les usines en Île-et-Vilaine, dans la Manche ou dans l’Orne. Il n’y a donc aucune répercussion auprès des éleveurs. Faire enfler la polémique ne fait qu’apeurer le consommateur et ne relate pas la vérité", rétorque Philippe Jéhan.

"Le marché asiatique pourrait se fermer pour une précaution qui a été prise !"

Pour ce représentant syndical, les conséquences pourraient être importantes pour Lactalis. "On est à la veille de négociations commerciales, et on entache une marque ou une entreprise pour des faits non avérés alors que le principe de précaution a prévalu du côté du ministère, de la préfecture de la Mayenne et du groupe Lactalis. (…) S’il y a trop d’impact sur la marque, il y a effectivement un risque, alors que ce risque n’existe pas pour le consommateur. C’est comme pour la grippe aviaire ou la vache folle : à chaque fois on a retiré les produits… Aujourd’hui, ça concerne surtout le marché asiatique, qui pourrait se fermer pour une précaution qui a été prise ! C’est ça qui m’horripile un peu en tant que producteur de lait", s’agace-t-il.

Réécoutez ici en podcast toute l’interview de Philippe Jéhan sur Sud Radio

 

Sur le même sujet
Vos réponses pour cet article

Ajouter un commentaire

Les rubriques Sudradio